Contre les moustiques, asséchez les eaux stagnantes !

 

 

Durant les mois d’été, la fraîcheur de la nuit est appréciée, mais c’est aussi à ce moment précis que les moustiques attaquent. Après la toute première bataille acharnée, on sort l’artillerie : citronnelle, produits anti-moustiques à base de DEET, bougies parfumées, appareils électriques, etc. Mais avez-vous pensé à évacuer les eaux stagnantes ?

Eliminez les eaux stagnantes !

Ce conseil est formulé par l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID) aux habitants des zones urbaines, pour venir à bout de Culex pipiens, un petit moustique très à l’aise dans les habitations et capable de pondre dans bien des endroits. Il faut savoir que pour se reproduire le moustique a besoin de pondre ses larves dans une eau stagnante et qu’une fois adulte il ne peut voler que dans un périmètre de 100 mètres… D’où l’importance de repérer les moindres eaux croupissantes aux alentours des maisons.

Quelques conseils

Otez du jardin tout objet pouvant servir de récipient : bidon, boîte, saut, canette, etc.

Si vous récupérez de l’eau de pluie dans une citerne, disposez en surface une couche de plusieurs centimètres de billes de polystyrène afin d’empêcher les femelles de venir pondre.
Si vous possédez un bassin d’ornement, élevez des poissons rouges ou des gambusies qui mangeront les larves.

Vérifiez que les fossés ne sont pas obstrués afin que l’eau puisse s’écouler normalement.

Placez des grillages moustiquaires sur les conduits d’aération de votre fosse septique et assurez-vous de l’étanchéité du couvercle. Appliquez une mince pellicule de mazout dans votre puisard afin d’empêcher les moustiques de pondre.

Vérifiez l’étanchéité de vos canalisations en sous-sol. En cas d’inondation de la cave ou du vide sanitaire, procédez au pompage.

Quid du produit anti-moustiques

Comment choisir un produit anti-moustiques efficace : suivez le DEET.

Se faire piquer par des moustiques a toujours été désagréable, mais en plus, les arthropodes transmettent de nombreuses maladies, dont le paludisme. Disposer de produits répulsifs efficaces représente donc un avantage certain.

Aujourd’hui, les produits anti-moustiques disponibles sont nombreux et d’origines diverses : chimiques, végétales, médecines douces.

Une équipe de chercheurs américains s’est lancée dans une investigation originale en testant leur efficacité. Des volontaires ont ainsi engagé leurs bras dans des cages remplies de moustiques. Le temps écoulé avant la première piqûre a été calculé en fonction d’un des sept répulsifs employés.

Les uns contenaient du diethyl-3-methylbenzamide (DEET), d’autres de l’éthyl-butylacétylaminopropionate (IR3535), des parfums ou encore des crèmes à base de plantes.

Finalement, les produits contenant les plus fortes concentrations de DEET se sont révélés les plus efficaces. Ils offrent la protection la plus complète et la plus fiable. La formule à 24% de DEET protège des piqûres pendant 301 minutes.

En conclusion, dans un environnement où les moustiques représentent une menace substantielle, choisissez un répulsif à base de DEET afin d’obtenir une protection adéquate et de longue durée.

Sources : Fradin M.S. et coll., N. Engl. J. Med., 347 : 13-8, 2002.

Des moustiques génétiquement modifiés contre le palu

Grâce à la manipulation génétique, le paludisme pourrait ne plus passer par le moustique ! En effet, des chercheurs américains et allemands viennent de produire des moustiques transgéniques incapables de transmettre la maladie à l’homme.

Explications : Le moustique est le vecteur du paludisme (ou malaria). En d’autres termes, c’est lui qui transmet d’une personne à une autre l’agent infectieux (le Plasmodium falciparum).
Afin d’empêcher cette transmission, des chercheurs ont modifié génétiquement des moustiques. Ils ont réussi à introduire des gènes étrangers conférant des propriétés antipaludéennes. Plus précisément, ces gènes ont la particularité de bloquer le développement de l’agent infectieux.
Cet essai reste préliminaire et nombre d’obstacles persistent. Cependant, cette découverte apporte de nouvelles armes dans la lutte contre cette maladie.

Paludisme : un constat actuel tragique

  • Une bonne moitié de la population mondiale est toujours confrontée à cette maladie.
    Elle tue chaque année entre 1 et 3 millions de personnes, principalement en Afrique.
    Toutes les 12 secondes, une personne en décède.
    Elle résiste aux médicaments.
    Il n’existe aucun vaccin.
    Si rien est fait, le nombre de victimes devrait doubler d’ici une vingtaine d’années.
  • Sources : Nature, V 417, 23 mai 2002, pp 452-455. *

    Gare aux moustiques voyageurs

    Quand le moustique prend l'avion, il peut aller transmettre le paludisme aux autochtones des aéroports. Comme de nombreux touristes, la destination France est l'une de leurs préférées !

    C'est bien connu, les moustiques sont les vecteurs du paludisme et il convient, en zone d'endémie de bénéficier d'une prophylaxie adaptée. A contrario, en France, il n'est pas nécessaire de se prémunir… Sauf quand les moustiques prennent l'avion et piquent ceux qui travaillent ou habitent à côté de l'aéroport.

    Ceci arrive très rarement : en 30 ans (de 1969 à 1999), l'OMS n'a comptabilisé que 87 paludismes importés. Mais près d'un tiers, soit 26 cas, ont été diagnostiqués en France. Les autres pays concernés sont notamment la Belgique (16 cas) et la Grande Bretagne (14 cas). Naturellement, toute la difficulté consiste à faire le diagnostic en n'étant pas en pays d'endémie. Ceci explique pourquoi, sur ces 87 cas, 5 décès furent à déplorer, le retard de diagnostic étant responsable de complications sévères.

    Sources : Bulletin de l'Organisation mondiale de la santé – Août 2000