Ephémérides de Décembre  2010

Pleine Lune le 21 à 08 h 16 (09 h 16 locale) avec une éclipse totale de lune le 21 de 06 h 32 à 09 h 58, Nouvelle Lune le 05 à 17 h 37 TU (18 h 38 locale)

Le 1er décembre à 12 h 00, nous serons le 2 455 532éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Sagittaire au Capricorne le 21 à 23 h 40 TU (le 22 à 00 h 40 locale)

30 nov/1er déc: XII Samoni 4384 ; 19/20 déc: I Dumani 4384: mois dédié à Cernunnos et au Gui (Olliacetos).

^ _ ` a b c d e f g h i

DO IT

de Jerry Rubin, ed. du seuil 1971, sur le mouvement Yippie (synthèse entre le courant hippie et le gauchisme des jeunes révolutionnaires blancs américains.

A Nancy, à la défonce, à la télé couleur, à la révolution violente !

FUCK AMERIKA …. HO CHI MINH est un agent Yippie ….. DIEU est un Yippie ….

- La révolution par le rock.

Enfant promis à une existence furibarde, la Nouvelle Gauche est sortie du pelvis ondulant d'Elvis Presley.

En apparence, le monde des années 50 avait la bonne placidité d'Eisenhower. Satisfait et béat comme un grand reportage sur les " Fans d' Ike", papa-gâteau.

Par en dessous, la masse silencieuse des opprimés avait saisi ses chaînes à deux mains. Un drame se préparait : répression contre mécontents.

L'Amérikkke était coincée dans ses contradictions.

Papa regardait avec fierté sa maison et sa voiture, sa pelouse taillée au ciseau à ongles. Tout ces biens qui justifiaient sa vie. Il essayait de nous donner une bonne éducation : il voulait nous apprendre à marcher droit sur la route de la Réussite.

travaille ne joue pas

étudie ne traîne pas

obéis ne pose pas de questions

intègre-toi ne te fais pas remarquer

sois sérieux ne te drogue pas

fais de l'argent ne fais pas d'histoires

On nous obligeait à nous renier :

On nous apprenait que faire l'amour était mal, parce qu'immoral. Et aussi, à cette époque d'avant la pilule, une fille en cloque vous barrait la route de la Respectabilité et de la Réussite.

On nous disait que la masturbation rendait fou et donnait des boutons.

On savait plus où on en était. Comment arriver à comprendre qu'il fallait bosser dur pour acheter des baraques toujours plus hautes ? des bagnoles toujours plus longues? des pelouses taillées au ciseau toujours plus grandes ?

On en devenait fous. On ne pouvait plus tenir.

Elvis bousilla l'image papa-gâteau d'Eisenhower en secouant à mort nos jeunes corps emmaillotés. L'énergie sauvage du rock gicla en nous, toute bouillante, et le rythme libéra nos passions refoulées.

De la musique pour libérer l'esprit.

De la musique pour nous unir.

Buddy Holly, les Coasters, Bo Diddley, Chuck Berry, les Everly Brothers, Jerry Lee Lewis, Fats Domino, Little Richard, Ray Charles, Bill Haley et les Comets, Fabian, Bobby Darin, Frankie Avalon

tous nous ont donné vie / rythme et nous ont libéré.

Elvis nous disait let go! let go ! let go !

La civilisation d'abondance, en fabriquant une voiture avec radio pour chaque famille bourgeoise, a fourni ses troupes à Elvis.

Pendant que la radio, à l'avant, gueulait Turn Me Loose, les gosses se déchaînaient sur la banquette arrière.

Beaucoup de nuits passées à baiser dans le noir au rythme du rock, sur des routes désertes.

Les banquettes arrière déclenchèrent la révolution sexuelle et les radios étaient le médium de cette subversion.

Nos vieux désespérés se servaient de la voiture comme d'un moyen de pression : " Si tu ne fais pas ce que je te dis, tu n'auras pas la voiture samedi soir. "

C'était cruel de s'en prendre ainsi à nos gonades, à notre seul moyen d'être ensemble.

La banquette arrière fut le premier terrain où s'affrontèrent les générations.

La révolution a commencé avec le rock.

- La révolution c’est le théâtre dans la rue

Le pouvoir impose automatiquement un ensemble de références qui force les gens à voir les choses avec les yeux de la bourgeoisie. Quand un flic abat un nègre, on parle de " maintien de l'ordre ". Quand un noir se défend contre les cochons, on parle de " violences ".

Les révolutionnaires doivent créer un théâtre qui impose des références révolutionnaires; définir les choses, c'est en avoir le contrôle.

Mille bouquins, mille articles, mille discours sur l'auto-défense des opprimés n'auraient pas pu définir la situation avec autant de clarté dramatique que ce qui s'est passé à, Oakland (Californie) par un matin du mois d'octobre 1967. Une fusillade éclate entre deux flics et deux Panthères Noires. Un flic est abattu dans la rue. Huey P. Newton est arrêté et inculpé du meurtre du flic.

Le pouvoir a tout fait pour liquider Huey. Mais des millions d'hommes et de femmes - Blancs, Noirs, libéraux, radicaux, révolutionnaires et ménagères, médecins, étudiants et profs - se sont identifiés à Huey. Ils ont proclamé à leur tour qu'il est normal que les noirs prennent les armes contre la violence des cochons.

L'acte de Huey a redéfini la situation pour chacun d'entre nous et a obligé les flics à se mettre sur la défensive

L'uniforme des Panthères, béret noir, veste de cuir et fusil, contribue à créer le mythe des Panthères. Trois Panthères dans la rue valent une armée.

Les conards qui font les "lois" de l'État de Californie devaient se réunir à Sacramento pour adopter une loi sur la réglementation des armes, qui allaient leur permettre de désarmer les victimes des flics, les Noirs. Alors les Panthères sont allés à Sacramento pour rencontrer personnellement leurs "élus". Ils ont emporté leurs fusils. Et ils sont entrés avec dans le parlement de l'État.

L'image de nègres fous armés jusqu'aux dents envahissant la législature de l'État de Californie! C'est le cauchemar de chaque gros-cul d'élu local! C'est le summum du théâtre de guérilla!

La peur et la paranoïa sont des luxes que peuvent se permettre les gauchistes de salon qui habitent les banlieues résidentielles, les étudiants, les gens passifs.

Plus on est loin du mouvement réel, plus on a la trouille. Les Panthères n'ont pas peur. Les yippies n'ont pas peur. Et le Viet Kong encore moins.

Mais quand on est seul dans sa piaule douillette, on crève de peur. Et le pouvoir ne souhaite que ça : que chacun reste chez soi.

Je n'ai jamais vu personne avoir vraiment la trouille au milieu d'une émeute. Pour éliminer la peur, il faut faire ce qui vous fait le plus peur.

Notre théâtre révolutionnaire veut amener le plus de gens possible à vaincre leur peur en s'engageant dans l'action.

Partout où nous allons, nous recréons la réalité en vivant nos désirs.

" notre message ; ne grandissez pas, grandir, c’est abandonner ses rêves. "