Ephémérides de Decembre:

Pleine Lune le 15 à 16 h 17 (17 h 17 local) Nouvelle Lune le 01 à 15 h 02 TU (16 h 02 local) et le 31 à 03 h 13 TU (04 h 13 local). Le 1er décembre à 12 h 00, nous serons le 2 453 706éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Sagittaire au Capricorne le 21 à 18 h 36 TU (22 h 36 local)

30 nov/1er déc : II At Samoni, mois dédié à Ogmios et à l’If (Iuos – Eburos) ; 13/14 déc : I Dumani : mois dédié à Cernunnos et au gui (Olliacetos) ); 28/29 déc : I At Dumani et Noxs Runas (nuit du Mystère) 

 

^ _ ` a b c d e f g h i

la médecine et ses contradictions

" Des parents demandent à la justice d’ordonner l’opération de leur fils "

La Croix
La Croix indique en bref que " le tribunal de grande instance de Paris doit trancher aujourd’hui une affaire délicate ".
Le quotidien retient que " les parents réclament un "libre choix thérapeutique" ".

Le petit Nicolas, le juge et le chirurgien

Date de création : 30 novembre 2005

Nice, le mercredi 30 novembre 2005 – Racontée rapidement, la tragique histoire de Nicolas, âgé aujourd’hui de six ans apparaît telle une douloureuse polémique médico-judiciaire comme notre pays nous en apporte de plus en plus. Au nom d’un droit au libre choix thérapeutique, (qui fait l’objet d’un traitement complexe dans notre législation), les parents de Nicolas, atteint d’un cancer depuis 2002 (probablement un ostéosarcome, 1 200 cas par an) et qui présente depuis quelques mois une métastase au niveau de la mâchoire ont décidé d’assigner en référé les praticiens du centre régional de lutte contre le cancer Antoine Lacassagne de Nice qui venaient de reporter sine die une intervention prévue ce mardi 29 novembre. Une grande partie de la communauté médicale s’indignait de cette action en justice. Pour le Figaro, Emmanuel Hirsch, responsable de l’espace Ethique des hôpitaux de l’Assistance publique de Paris explique en effet aujourd’hui : " Le code de déontologie prévoit que le médecin dispose de la liberté de ses prescriptions en fonction de l’état de la science ". Hier, le juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) conforta les praticiens dans leur décision et rejeta la demande des parents qui souhaitaient voir imposer par la justice la réalisation de l’opération. " Le désir légitime des demandeurs de tout mettre en œuvre pour favoriser la guérison de leur enfant ne peut leur permettre de demander à l’Etat de s’immiscer dans les relations patients/praticiens et dans l’exercice indépendant de l’art médical ", indiquait-il ainsi. En l’espèce, l’intervention ne permettra pas à l’enfant de " guérir " mais de pouvoir conserver pendant encore quelques temps une qualité de vie décente. Condamné, Nicolas pourrait connaître d’importantes difficultés à parler et à s’alimenter très prochainement en raison de l’accroissement rapide de la tumeur.

© Copyright 2005 http://www.jim.fr L.C.

" La justice ne peut se substituer aux médecins "

Le Figaro, Libération, Le Parisien

C’est ce que retient Le Figaro, qui indique que " la justice a déclaré irrecevable la demande de parents pour que leur enfant atteint d'un cancer soit opéré en urgence ".

Le journal note que " l'affaire suscite de nombreuses réactions parmi les médecins ", et indique qu’" il était impossible, sans susciter une révolte parmi le corps médical et sans contrevenir au code de déontologie médicale, qu'une décision judiciaire autre soit prise ".

Libération se penche également sur ce cas de " justice invitée sur le billard ".

Le journal s’interroge : " Pourquoi un tel imbroglio ? ".

" Il est sain qu’un chirurgien ait des hésitations "

La Croix, Le Monde

La Croix livre un entretien avec Jacques Rolland, président du conseil national de l’Ordre des médecins, qui revient sur " l’affaire du petit Nicolas ", atteint d’une forme rare de cancer, qui a été opéré hier.

Jacques Rolland déclare notamment qu’" à distance, je peux vous affirmer qu’il n’y a aucune anomalie dans la décision d’opérer, comme dans celle de ne pas opérer. Et je ne peux que féliciter le chirurgien qui a agi avec humanité ".

Jacques Rolland ajoute qu’" il est normal et sain qu’un chirurgien ait des hésitations ", puis rappelle que " le code de déontologie est très clair : le chirurgien s’entoure d’avis, mais il garde son indépendance de décision ".

Greffe de visage : l’incroyable rejet d’une partie de la communauté scientifique

07 décembre 2005

Lyon, le mercredi 7 décembre 2005 – Elle ne pouvait plus s’alimenter normalement. Sa bouche n’était qu’un minuscule trou risquant de se nécroser. Elle ne se montrait plus sans masque à son entourage le plus proche. Lorsqu’il a rencontré Isabelle D., le professeur Dubernard a parlé avec elle pendant une longue heure et demi. La jeune femme, âgée de 38 ans, très sévèrement défigurée par son chien au printemps dernier a fini par retirer son masque devant le chirurgien. " Là, je n’ai plus hésité un instant. Je n’avais jamais vu semblable mutilation. Ses souffrances étaient terribles ", se souvient Jean-Michel Dubernard, cité aujourd’hui par le Parisien.

Le visage d’Isabelle embellit de jour en jour. Surtout, comme l’explique la psychiatre du CHU d’Amiens, Sophie Cremades, qui suit la patiente depuis l’attaque de son chien : " Au-delà de son intégrité physique elle a retrouvé son intégrité fonctionnelle, boire, manger, parler. Elle souhaite pouvoir épargnée sa famille touchée par l’agitation médiatique de ces derniers jours. Agitation médiatique orchestrée notamment par une presse britannique sans scrupule, mais surtout agitation scientifique en France, que l’on espère ignorée par la patiente. Ceux qui n’ont de cesse de ruer dans les brancards au sujet d’éventuels troubles psychologies induits par une telle greffe ne semblent en effet guère conscients de la dureté de leurs propos et la stérilité de leur polémique.

Il apparaît que la colère d’une partie de la communauté scientifique française s’explique par la sensation désagréable et primaire d’avoir été dépassé. Les premiers mots de l’interview d’Emmanuel Hirsch ne laissent guère de doute : " En tant que membres de l’agence de biomédecine, nous aurions dû être prévenus, mais nous ne l’avons pas été. Une sorte de procédure d’exception s’est mise en place ", commence-t-il sans décolérer. Emmanuel Hirsch n’hésite pourtant pas lui aussi à verser dans la dramatisation en s’interrogeant ouvertement sur les chances de survie de la patiente ! " Quant aux problèmes immunitaires auxquels sera soumise cette personne, si elle survit, nous n’avons aucune référence intéressante ". Pour autant, en analyste intelligent, Emmanuel Hirsch est lui-même conscient de la nature du drame qui se joue depuis dix jours, puisqu’il constate : " Nous sommes dans une rivalité entre scientifiques ". Mais c’est à la personnalité du professeur Dubernard qu’il s’en prend ici, sans s’interroger sur les sentiments de rivalité exprimés par de nombreux autres praticiens. Pourtant, la guerre ouverte est déclarée, puisqu’à la fin de l’entretien, le professeur Hirsch se prend à rêver : " Si j’étais ministre de la Santé, je demanderais une commission d’enquête ". © Copyright 2005 http://www.jim.fr

Greffe du visage : " Des médecins réclament une commission d’enquête "
Le Parisien, La Croix, Le Nouvel Observateur numéro 2144, L'Express numéro 2840, Paris Match numéro 2951, Le Point numéro 1734
Le Parisien constate que " la polémique enfle dans le corps médical au sujet de la greffe partielle du visage ".
Le quotidien indique en effet que pour le Pr Laurent Lantieri, du CHU Henri-Mondor de Créteil, " une commission d’enquête serait une bonne chose. Cela permettrait de lever les doutes et d’apaiser le climat ".
Le Parisien note que, de son côté, Emmanuel Hirsch, directeur de l’espace éthique de l’AP-HP, " s’interroge sur les différentes autorisations obtenues, semble-t-il à grande vitesse, par l’équipe Dubernard ".
Le journal cite l’Afssaps, qui précise que " l’équipe Dubernard a obtenu tous les avis indispensables à l’opération sauf celui de l’Agence de biomédecine. Les experts de cette agence ont bien été consultés. Mais leur avis formel n’est pas obligatoire ".
Le Parisien indique en outre qu’Emmanuel Hirsch " se dit scandalisé par le show médiatique organisé pour l’occasion ".
La Croix note aussi que " la greffe de la face continue de susciter la polémique ".
Le journal remarque notamment que " sans remettre en cause le bien-fondé de ce type d’intervention, le Pr Hirsch s’interroge sur l’impact de toute cette affaire sur la famille de la personne décédée ".
La Croix ajoute que " le Pr Hirsch s’interroge aussi sur les conditions dans lesquelles a été recueilli le consentement, avant l’opération, de la receveuse. Avait-elle bien mesuré que sa vie privée risquait de faire la Une de certains médias ? Est-elle bien consciente de la nécessité, pour éviter le rejet de la greffe, de prendre à vie un traitement immunosuppresseur qui n’est pas sans risque sur un plan médical ? ", poursuit le journal.
L’Express aborde de son côté " la face cachée d'une greffe ".
Le magazine parle de " chirurgie électorale ", indiquant que " l'expression n'émane pas d'un chirurgien jaloux, mais d'un psychiatre. Elle dit bien, en tout cas, le malaise qui saisit une partie de la profession devant la greffe, partielle, du visage d'une femme ".
Le Nouvel Observateur parle aussi de " face cachée d'une greffe ", notant que " la greffe […] a redonné espoir aux personnes gravement défigurées. Mais la polémique enfle sur les conditions de l'opération ".
Le Point parle pour sa part de " polémique stérile ", et Paris Match publie son " reportage exclusif dans le bloc opératoire " sur cette " femme aux deux visages ".

 

Il semble que l’intérêt médiatique et l’autorité " éthique " d’une part et la nécessité de soigner des pathologies rares, peu connues (au moins dans les techniques chirurgicales) mais très invalidantes et de grandes détresses d’autre part soient toujours en contradiction. Déjà en 1949 on a " encensé " la lobotomie… seul le temps dénouera les fils du problème.

 

L'inventeur de la lobotomie, Egas Moniz, a reçu le prix Nobel de médecine en 1949. Les travaux couronnés concernaient "la découverte de la valeur thérapeutique de la lobotomie dans certaines psychoses". Ce portugais de naissance a vulgarisé une technique d'intervention dans le cerveau qui consistait à couper des fibres nerveuses reliant le lobe préfrontal du reste du cerveau. Le docteur Moniz pensait qu'après une telle opération des fibres repousseraient et permettraient de régler les problèmes liés aux anciennes fibres.

D'autres docteurs ont repris cette technique et l'ont même industrialisée pour finir par donner de simple coup de scalpel dans le cerveau en opérant à l'aveugle. La lobotomie a été utilisée des années 1930, jusqu'aux années 1970. Une récente étude montre qu'elle aurait profité seulement à 10% des patients, laissant les autres dans des états végétaux ou au mieux infantiles. Elle devait soigner le retard mental, les maux de tête, l'anxiété et autres maladies mentales. La diffusion des neuroleptiques a mis fin à ces traitements.

La controverse, aujourd'hui, concerne l'attribution du prix Nobel à l'homme qui a inventé la lobotomie. Des groupes de pression demandent que le docteur Moniz ainsi que les articles encensant son travail soient retirés du site des prix Nobel.

Extrait du discours au banquet : Egas Moniz – Banquet Speech

As the Laureate was unable to be present at the Nobel Banquet at the Swedish Academy in Stockholm, December 10, 1949, the speech was held by Mr. Patricio, chargé d'affaires of the Legation of Portugal (in French)

Les hommes de science, les savants, notamment, de la science médicale, savent que la vérité est fuyante et le bonheur absolu inaccessible, mais ils replient et tendent les ailes de leur pensée, dans l'effort d'atténuer les souffrances humaines. Dans le chaos des misères et des chagrins, ils passent comme une lueur d'espoir, tenaces, anxieux et persévérants. Pour eux, pour leur esprit positif, le régime général de la nature est réglé par un ordre inflexible et aucune prière ne saurait le modifier. Seule, la perspicacité de leur intelligence peut dérober à Dieu quelques vérités partielles. 'They look upon the mistery of things as if they were God's spies.'

 

Bonne année 2006 à tous et tous mes vœux pour Isabelle et Nicolas, et beaucoup d’autres…