Ephémérides de Novembre 2016

Pleine Lune le 14 à 13 h 53 (14 h 53 locale), Nouvelle Lune le 29 à 12 h 19 TU (13 h 19 locale)

Le 1er novembre à 12 h 00, nous serons le 2 457 694éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Scorpion à celui du Sagittaire le 21 à 21 h 24 TU (22 h 24 locale)

31 oct/1er nov : II At MIDX 4389 ; 13/14 : I Samoni 4390: Samain sur trois jours (Cinta noxs Samoni, Alia noxs Samoni et Tritia noxs Samoni : Fête de la réunion, fête des défunts puis troisième nuit de Samain) ; SAMONIOS : mois dédié à ogmios et à l’if (iuos/eburos). ET NOUVEL AN CELTE : 4390. ; 29/30 : I At Samoni : Uegilia Uedas (fête de la sagesse et dédiée au Dieu Ogmios).



^ _ ` a b c d e f g h i


Le député


Les députés n'ont pas vraiment changés (ajout personnel)


            Ma Lorraine, Louis BERTRAND écrit en 1927, sur sa jeunesse, juste après la guerre de 1870


            II semble que, dans un pays aussi fortement traditionaliste, l'opinion politique aurait du s'orienter dans le même sens qu'en Bretagne ou en Vendée. II n'en était rien pourtant. Et voila qui était bien typique, et, je le crois, vraiment représentatif de l'âme lorraine tout entière ! En somme, nos paysans dévots et si attachés à leur bien auraient dû voter pour ces hobereaux intéressés et casaniers, qui partageaient leur vie, qui portaient le dais avec eux, qui leur prêtaient leurs chevaux, ou qui les aidaient à fumer leurs terres. Les uns et les autres étaient conservateurs, sinon gens du Roi, autant qu'on peut l’être. Eh bien, lorsque arrivaient les élections, ces hommes d'ordre et de discipline votaient pour le candidat républicain. Celui-ci, quoique originaire du pays, n'y revenait que rarement. Politicien de 48, il passait presque toute l’année à Paris. II avait des façons de vieil étudiant ou d'artiste de brasserie, et, quand il arrivait dans notre village, à l’époque de la chasse, il exhibait un béret romantique, qui scandalisait le monde. Il était médiocrement sympathique et n'avait, pour ainsi dire, aucun contact avec les gens du pays. Néanmoins, on votait pour lui.


            L'unique explication, c'est qu'on avait peur de la guerre. On était convaincu que la République, c'était la paix, tandis qu'une restauration monarchiste ou impérialiste amènerait infailliblement un nouveau conflit avec l'Allemagne. Nos paysans, qui avaient déjà tant souffert de l'invasion de 1870, en qui revivaient peut-être inconsciemment les terreurs des ancêtres, si cruellement décimés par les soudards, au cours de tant de siècles, — ces hommes des champs ne cherchaient pas plus loin, et ne distinguaient nullement ce qu'il y avait de contradictoire entre leur conduite et les principes de leur vieille éducation. Mais voici une autre contradiction : ces gens, qui redoutaient la guerre, qui n'en voulaient à aucun prix, étaient, au fond, de déterminés militaristes. Ils s’entraînaient au métier de soldat, organisaient des Sociétés de tir, ne rêvaient rien de plus glorieux pour leurs fils que les galons et les épaulettes d'or de l'officier. C'est qu'ils avaient le sens invétéré de l'ennemi, — l'ennemi devenu si proche voisin depuis l'annexion, — et ils devinaient bien que cette guerre, dont ils ne voulaient pas, leur serait imposée un jour, et qu'alors il faudrait des soldats et des chefs.


            Et puis, enfin, pour nous Lorrains, il n'y a pas d'autre noblesse que l’armée. L'homme d'armes a si souvent foulé notre sol en conquérant que nous avons pris l'habitude de saluer en lui le maître de la terre.