Ephémérides de Novembre:

Pleine Lune le 16 à 00 h 59 (01 h 59 local) Nouvelle Lune le 02 à 01 h 26 TU (02 h 26 local)

Le 1er novembre à 12 h 00, nous serons le 2 453 676éme jour du calendrier Julien. Pour les naissances, le soleil passera du signe du Scorpion à celui du Sagittaire le 22 à 05 h 16 TU (06 h 16 local).

31 Oct/1er Novembre : XIV Cantli, mois dédié à Sucellos et au hêtre (Bagos); 02/03 Octobre : Uegilia Balani (fête de la Châtaigne) ; 16/17 Octobre : I Samoni 4379: Samain sur trois jours (Fête de la réunion, fête des défunts puis troisième nuit de Samain), mois dédié à Ogmios et à l’If (Iuos - Eburos).

^ _ ` a b c d e f g h i

ET LA DENGUE : mieux que la grippe aviaire ?

Nice, le 13 octobre 2005

NOTE D'INFORMATION A TOUS LES MÉDECINS DU DEPARTEMENT DES ALPES-MARITIMES PRESENCE DU MOUSTIQUE AEDES ALSOPICTUS

Cet été, vous avez peut-être été alertés par des patients se plaignant de multiples piqûres de moustiques particulièrement douloureuses. Nous vous prions de trouver ci-joint une note d'information sur le moustique responsable de ces nuisances. Il a été introduit récemment dans le département des Alpes-Maritimes en provenance d'Italie. Nous Insistons sur le caractère particulièrement agressif de ce moustique plus que sur son rôle vectoriel qui n'est pas à retenir chez nous pour l'instant. Cette note d'information est destinée, après l'avoir " digérée ", à pouvoir informer justement vos patients et à leur donner les mesures de préventions adéquates :

1) La protection Individuelle:

Elle peut se faire par l'achat de répulsifs à appliquer, durant la journée, sur les parties découvertes du corps (cheville, poignet, main, visage toutes les 4 à 6 heures, Les répulsifs à base de DEET sont les plus efficaces mais sont contre-indiqués aux enfants de moins de 2 ans. Ces mêmes marques proposent toujours d'autres répulsifs pour enfants de moins de 2 ans. La citronnelle est toujours efficace.

2) Pour la prévention collective:

Il faut noter que ce moustique ne pond pas dans les grandes étendues d'eau type étangs, piscines... Il pond dans de petites collections d'eau : vases, coupelles, pneus à l'abandon, récolteurs de pluie... Il est donc impératif de vider tous ces petits réceptacles fréquents en milieu urbain ou d'en changer l'eau tous les 7 jours.

Originaire d'Asie du Sud-Est et de l'Océan Indien, le "moustique tigre" Aedes albopîctus (Diptera : Culicidae) se propage dans le monde entier depuis la fin des années 1970.

Deux phénomènes sont à l'origine de cette extension mondiale: la biologie de l'espèce et le commerce international.

La biologie de l'espèce est responsable de sa capacité d'adaptation. La femelle pond ses oeufs sur la partie sèche qui jouxte une surface d'eau et ceci dans toutes sortes de réceptacles tels que les vases, les fûts d'eau de pluie, les pneus usagés, les pièges à sable des bouches d'égouts, les creux d'arbres en eau. La mise en eau de ces gîtes par la pluie permet le développement des larves et, après quelques jours, l'émergence des adultes. À l'approche de l'hiver (raccourcissement de la durée du jour), les femelles pondent des oeufs qui entrent en diapause : l'éclosion n'interviendra qu'au printemps suivant, les oeufs étant résistants au froid et à l'assèchement. Ces adaptations biologiques confèrent à cette espèce tropicale une faculté d'adaptation à notre climat tempéré"

Le commerce international est quand à lui responsable de sa dissémination. Le mode de dispersion principal est le transport des oeufs dans des pneus usagés stockés à ciel ouvert. Ce commerce, qui concerne les pneus de poids lourds, de véhicules de chantier et d'avions destinés au rechapage, est très actif entre l'Asie, les ÉtatsUnis et l'Europe. Plusieurs centres de stockage de pneus usagés se sont déjà révélés infestés par ce moustique au cours des dernières années. Heureusement, la surveillance et les traitements immédiatement appliqués ont permis d'éviter, jusque là, la prolifération du moustique.

Un autre mode de dispersion de l'espèce, efficace sur de courtes distances, est le transport dans des véhicules terrestres. Dans les zones infestées, les moustiques femelles, à la recherche d'un repas sanguin, suivent les hommes et entrent dans les véhicules. Puis, ils en ressortent lors des arrêts et, s'il trouvent des gîtes larvaires favorables à proximité, prolifèrent dans un secteur jusque là indemne. C'est très probablement de cette manière que le moustique est arrivé récemment à Menton.

3) Particularités du moustique tigre

Le moustique tigre se distingue des autres moustiques locaux par sa coloration nettement marquée de contraste noir et blanc, d'où son nom. Le moustique urbain classique, Culex pipiens, est entièrement brun-roux. Par ailleurs, les femelles recherchent le repas sanguin au crépuscule mais aussi en journée, principalement à l'extérieur des habitations, contrairement au Culex qui pique la nuit, à l'intérieur. De plus, sa forte agressivité envers l'homme fait de lui un redoutable insecte. Les réactions cutanées à la piqûre ne devraient cependant pas être plus importantes, sauf lors des premiers contacts en terrain allergique. Si ce moustique est un vecteur reconnu de divers arbovirus en zone tropicale, l'absence d'agent pathogène transmissible en Europe ne lui permet pas, actuellement, de jouer un rôle vectoriel. Néanmoins, un système national de veille et d'alerte a été mis en place par la Direction Générale de la Santé. Surveillance et contrôle de la nuisance

Le moustique a été détecté une première fois dans les Alpes-Maritimes à Menton en 2004. Les traitements localisés, mis en oeuvre en concertation avec la DGS, la DDASS et la Ville de Menton, ont permis de retarder son installation, mais force est de constater que le moustique est, depuis l'été 2005, établi dans d'autres villes du département comme Roquebrune Cap-Martin, Nice...

Pascal Delaunay

Correspondant régional de la Direction Générale de la Santé pour le programme de surveillance du moustique Aedes albopictus Service de Parasitologie-Mycologie Centre Hospitalier Universitaire de Nice delaunav.p(cb-chu-nice.fr

Dr Pierre Marty Service de Parasitologie-Mycologie Centre Hospitalier Universitaire de Nice

 

Ce moustique peut être le vecteur de la DENGUE

(Breakbone ou Dandy Fever)

Une maladie fébrile aiguë à début brutal, caractérisée par des céphalées, une fièvre, une prostration, des arthralgies et myalgies sévères, des adénopathies, et un exanthème apparaissant à l'occasion d'une deuxième élévation de la température suivant une période apyrétique.

Epidémiologie

La dengue est endémique dans toutes les régions tropicales et subtropicales ; depuis 1969, des épidémies sont survenues aux Caraïbes, y compris à Porto-Rico et dans les îles Vierges. Des cas ont également été importés par des touristes revenant de Tahiti. L'agent responsable, un flavivirus avec 4 sérotypes distincts, est transmis par la piqûre de moustiques Aedes.

La dengue hémorragique survient principalement chez l'enfant < 10 ans vivant dans les régions où la dengue est endémique (plus fréquemment Asie du Sud-Est, Chine et Cuba) et est caractérisée par un début aigu suivi en quelques jours par des douleurs abdominales, des manifestations hémorragiques et un collapsus circulatoire. La dengue hémorragique est appelée aussi fièvre hémorragique des Philippines, fièvre Thai, ou fièvre hémorragique de l'Asie du SudEst ou " dengue shock syndrome ".

Symptomatologie

Après une période d'incubation de 3 à 15 j (habituellement 5 à 8 j), la dengue a un début brutal avec frissons, sensation de froid, céphalées, douleurs rétroorbitaires lors des mouvements oculaires, lombalgies et prostration profonde. Des douleurs extrêmement vives dans les jambes et les articulations sont ressenties pendant les premières heures de la maladie. La température s'élève rapidement jusqu'à 40 °C, avec bradycardie relative et hypotension. Les conjonctives bulbaire et palpébrale sont injectées et une éruption maculeuse transitoire, rouge ou rose pâle (particulièrement à la face) apparaît habituellement. La rate peut être de consistance molle et légèrement hypertrophiée. Les ganglions cervicaux, épitrochléens et inguinaux sont généralement hypertrophiés.

La fièvre et les autres symptômes de la dengue persistent pendant 48 à 96 h, puis intervient une défervescence rapide avec transpiration profuse. Cela inaugure une période afébrile avec une sensation de bien-être qui dure environ 24 h. Elle est suivie d'une deuxième ascension thermique rapide, habituellement moins accentuée que la première, donnant une courbe thermique " en troussequin de selle ". Des cas de dengue sans deuxième période fébrile ont été signalés. Une éruption maculopapuleuse caractéristique apparaît simultanément, s'étendant habituellement depuis les membres pour couvrir tout le corps en respectant la face, ou distribuée en aires sur le tronc et les membres. La paume des mains et la plante des pieds peuvent être rouge vif et oedémateuses. La fièvre, l'éruption ainsi que les céphalées et les autres douleurs constituent la " triade de la dengue ". La mortalité est nulle dans la dengue classique. La convalescence dure souvent plusieurs semaines, accompagnée d'asthénie. Après un accès, l'immunité est acquise pour 1 an. Les cas de dengue légers ou atypiques habituellement sans lymphadénopathie guérissent en < 72 h.

Dans la dengue hémorragique (DH), le début est également brutal, avec fièvre et céphalées. Cependant, plutôt que des myalgies intenses, des adénopathies et un exanthème, l'enfant présente des symptômes respiratoires et gastro-intestinaux. Une pharyngite, de la toux, une dyspnée, des nausées, des vomissements et une douleur abdominale sont également observés. Le choc survient 2 à 6 j après le début de la maladie, avec collapsus soudain ou prostration, extrémités froides et humides (le corps est souvent chaud), pouls faible et filant, cyanose périorale. Des tendances hémorragiques surviennent, habituellement sous forme de purpura, de pétéchies ou d'ecchymoses au siège des injections ; parfois sous forme d'hématémèse, de méléna ou d'épistaxis ; et occasionnellement sous forme d'une hémorragie sous-arachnoïdienne. Une hépatomégalie est fréquente, tout comme la bronchopneumonie, accompagnée ou non d'épanchements pleuraux bilatéraux. Une myocardite peut être présente. La mortalité due à la DH est entre 6 et 30 % ; la plupart des décès surviennent chez les nourrissons < 1 an.

Diagnostic

Dans la dengue, une leucopénie apparaît vers le 2e j de fièvre ; vers le 4e ou le 5e j, le nombre de GB s'abaisse entre 2 000 et 4 000/ml avec seulement 20 à 40 % de granulocytes. Une albuminurie modérée et quelques cylindres peuvent être retrouvés. La dengue peut être confondue avec la fièvre à tiques du Colorado, le typhus, la fièvre jaune ou d'autres fièvres hémorragiques. Le diagnostic sérologique peut être posé à l'aide des tests d'inhibition de l'hémagglutination et de fixation du complément sur des paires de sérum, mais il existe des réactions croisées avec des Ac dirigés contre d'autres flavivirus.

Dans la DH, une hémoconcentration est présente pendant le choc avec des anomalies de la coagulation. Une protéinurie minime peut être observée. Les tests sérologiques indiquent habituellement des titres élevés des Ac fixant le complément, dirigés contre les flavivirus et qui suggèrent une réponse immune secondaire.

L'OMS a établi des critères cliniques pour le diagnostic de la fièvre hémorragique de la dengue, qui est considérée comme une urgence médicale : le début aigu d'une fièvre élevée et permanente, pendant 2 à 7 j ; les manifestations hémorragiques, comprenant au moins un test du lacet positif et des pétéchies, purpura, ecchymoses, gingivorragies, hématémèse ou méléna ; hépatomégalie ; thrombocytopénie (< 100 000/ml) ; ou hémoconcentration (Hte augmenté de 20 %). Les critères pour le " dengue shock syndrome " sont : un pouls faible et rapide, avec pincement de la différentielle (£ 20 mm Hg) ou une hypotension accompagnée d'une peau froide et humide et d'agitation.

Prévention et traitement

La prévention de la dengue nécessite le contrôle ou l'éradication du moustique vecteur. Pour empêcher la transmission aux moustiques, les patients dans les régions endémiques doivent être gardés sous moustiquaire jusqu'à la fin du deuxième accès fébrile. Le traitement de la dengue est symptomatique. Le repos complet au lit est important. L'aspirine doit être évitée, mais on peut administrer du paracétamol et de la codéine pour soulager les céphalées et les myalgies sévères.

Dans la DH, le degré d'hémoconcentration, de déshydratation et de déséquilibre électrolytique doit être immédiatement évalué et soigneusement surveillé pendant les premiers jours, car le choc peut survenir ou revenir brutalement, avec les mesures de réanimation qui s’imposent.