Éphémérides de Novembre 2004

Pleine Lune le 26 à 20 h 08 (21 h 08 local) Nouvelle Lune le 12 à 14 h 28 TU (15 h 28 local) Le 1er novembre à 12 h 00, nous serons le 2 453 311éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Scorpion à celui du Sagittaire le 21 à 23 h 23 TU (le 22 à 00 h 23 local)

31 oct/1er nov : VI Samoni : mois dédié à ogmios et à l’if (iuos/eburos); 11/12 nov : I At Samoni et Uegilia Uedas (fête de la sagesse) ; 26/27 nov : I Dumani : mois dédié à Cernunnos et au Gui (Olliacetos): Uegilia Nemeton (fête des bois sacrés).

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la lecture des revues de la salle d’attente : AVANTAGES N°78

16 idées pour sauver la Sécu 78 AVANTAGES

Augmenter les cotisations, réduire les prestations, traquer les gaspillages... les plans de sauvetage de l'Assurance maladie se répètent, sans grands résultats. Il existe pourtant d'autres moyens de préserver ce qui fait notre fierté: un système de santé accessible à tous.

par Françoise Simpère

Une patiente consulte pour un problème de pied. Le médecin prescrit des semelles sur mesure et une radio. Le rendez-vous chez l'orthopédiste est rapide, mais il faut attendre trois semaines pour la radio. "Aucune importance, dit le médecin, vous pouvez faire faire les semelles sans attendre la radio." "Mais alors, à quoi sert la radio?" Réponse étonnante du praticien: "Vous me faites confiance? "Oui, pourquoi?" "Alors inutile de faire la radio. Je vous l'avais prescrite uniquement parce que... si vous saviez le nombre de personnes que ça rassure!" Économie: plus de 150 € .

Autre gaspillage: une femme souffrant d'insomnies et de fatigue chronique a fait le tour des spécialistes du sommeil, vu un psychiatre et ruiné la Sécurité sociale en médicaments psychotropes, jusqu'à ce que son généraliste, au détour d'une simple analyse de sang, découvre qu'elle était fortement anémiée: une supplémentation en fer peu coûteuse a eu raison de sa fatigue et des insomnies. Il y a donc certainement à faire du côté des prescriptions et des soins, mais aussi - et on en parle fort peu - agir sur nos comportements, celui des industriels et sur notre façon de vivre La santé est un domaine trop complexe pour relever de la seule médecine.

1 Ne pas se croire toujours malade.

Il est normal d'être parfois morose, mais certains médecins en ont fait une maladie la "dépression ponctuelle récurrente" - qui devrait prétendument être traitée! Les troubles ponctuels de l'érection par exemple prouvent que l'homme est un humain sensible aux émotions et non une machine sexuelle, ce qui est plutôt rassurant Mais depuis qu’il faut vendre les médicaments stimulant l'érection, on voit une prolifération d'articles sur les troubles érectiles, qui donnent l’impression que ceux-là se multiplient et risquent même de les favoriser, en angoissant inutilement nos compagnons. Admettre qu'on n'est pas toujours en pleine forme, qu’il faut se reposer quand on est fatigué, qu'un rhume guérit spontanément chez un adulte sain et qu'une indigestion répond généralement bien à une diète "bouillon de légumes" sans médicaments économiserait bien des consultations et des prescriptions.

2 Garder l'esprit critique.

Un institut d'études sur le sommeil et la vigilance, sponsorisé par des laboratoires, alertait sur les troubles de la vigilance: "Les accidents de la route sont très nombreux entre 3 h et 6 h du matin du fait d'une baisse de la vigilance qu'il importe de traiter pour éviter des drames." Lorsque nous avons fait remarquer à l'orateur que des troubles de la vigilance au petit matin sont rigoureusement normaux puisque que c'est une période où on devrait dormir et qu'un traitement serait contre-nature, celui-là admit: "C’est une autre lecture de l’étude, somme toute assez logique..."

3 Améliorer l'hygiène.

Une étude a montré une réduction de 50 % des gastro-entérites dans une école où l'on obligeait les enfants à se laver soigneusement les mains: savonnage, rinçage et séchage avec une serviette jetable. Dans les hôpitaux où l'on remet en vigueur le lavage et la désinfection des mains des soignants et des visiteurs, on constate une nette diminution des infections nosocomiales, à l'origine d'environ 10 000 décès annuels en France, sans parler du coût des traitements de ceux qui guérissent

4 Prendre soin de soi.

Rester mince, réduire le tabac et l'alcool, manger plus de fruits et de légumes, moins de sucres et de graisses animales, bouger, prendre du temps pour se reposer, cultiver les liens sociaux et amicaux... ça ne coûte rien et cela pourrait réduire de près de 30 % les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les dépressions et l'obésité.

5 Favoriser les médecines alternatives.

Les utilisateurs de médicaments homéopathiques coûtent moins cher à l'Assurance maladie car ils consultent moins souvent, sont attentifs à leur hygiène de vie et ont des prescriptions moins coûteuses: l'homéopathie représentait 1,5 % seulement des dépenses de médicaments; avant même la baisse du taux de remboursement On retrouve le même profil économe chez ceux qui utilisent l'acupuncture, la phytothérapie et l'ostéopathie, et qui ont bien du mérite car ils ne bénéficient que d'une prise en charge nulle ou minime.

6 Eviter le gaspillage.

Beaucoup de médicaments nécessitent une prise matin, midi et soir pendant une semaine, soit 21 prises. Avec des boites de 20 comprimés, la majorité des pharmaciens vend d'office deux boites. Il suffit de refuser la seconde, le traitement ne sera pas moins efficace et coûtera deux fois moins cher!

7 Réduire le coût des traitements.

Dans certains pays, le pharmacien découpe sur de grands blisters la quantité exacte de comprimés pour la durée du traitement ou remplit des flacons du nombre de gouttes nécessaires. Ainsi, pas de gaspillage, pas de risque d'intoxication avec des restes de médicaments, aucun frais de recyclage des produits inutilisés. Et pour la sécurité, à suffit que le laboratoire fournisse au pharmacien les notices des médicaments à remettre aux patients.

8 Encadrer les prix.

Le prix des médicaments prescrits en ville est fixé par une mission associant pouvoirs publics et industrie pharmaceutique. En revanche, celui des médicaments hospitaliers est discuté entre industriels et hôpitaux, avec souvent un "prix d'appel" bas pour favoriser de nombreuses prescriptions sur un produit non indispensable, et des prix très élevés pour les molécules irremplaçables. Ainsi, le prix d'un médicament contre le sida a été unilatéralement quintuplé par le fabricant. Que peut faire l'Assurance maladie? Refuser de rembourser et condamner les malades? Décider de traiter cinq fois moins de patients? Non. elle rembourse donc, et le trou de la Sécu se creuse, tandis que le laboratoire augmente son chiffre d’affaires sans apporter le moindre bénéfice nouveau aux patients!

9 Transférer une partie du budget promotionnel de l'industrie pharmaceutique vers la recherche. Le laboratoire le plus important aujourd'hui emploie 16 000 chercheurs.. et 40 000 visiteurs médicaux. Sachant qu'un chercheur a sensiblement le même poids salarial qu'un visiteur médical, un simple rééquilibrage des effectifs pourrait stimuler la recherche, sans coûter un centime de plus aux industriels.

10 Organiser une formation Médicale Continue (FMC) indépendante de l’industrie. Actuellement, la FMC est en majorité assurée par les laboratoires pharmaceutiques via la presse médicale, les congrès qui poussent les praticiens à prescrire davantage. Depuis quelques années, la presse grand public est courtisée de la même façon. Chaque lancement de médicament grand public est précédé d'une pré-campagne dans les médias, de telle sorte que les patients eux-mêmes iront réclamer le médicament à leur médecin... qui acceptera souvent de le leur prescrire pour ne pas les perdre. Dans cette organisation, la médecine est un enjeu de marché plus que de santé.

11 Supprimer les campagnes commerciales de la Sécu.

Le remboursement d'un vaccin non obligatoire (hépatite B, ROR) est déjà une aubaine pour les fabricants, car il incite à se faire vacciner. Pourquoi faut-il en plus que la Sécu fasse des campagnes de publicité? Pour promouvoir les vaccins, le nombre de cas d'hépatite B et sa contagiosité avaient été largement exagérés, et la rougeole présentée comme une maladie mortelle que le vaccin rendrait inoffensive. Or, avec ou sans vaccin, la mortalité reste de 30 à 40 cas par an depuis 1950.

12 Améliorer les conditions de travail.

Le travail de nuit augmente le risque d'accidents du travailLe travail en 3 x 8 influe sur le cycle hormonal féminin et peut inverser les rythmes alimentaires favorisant des maladies métaboliques. Les troubles musculo-squeletiques et le mal de dos sont la cause principale d'arrêt de travail et pourraient tout à fait être évités avec des postes de travail bien conçus et le respect des mesures de prévention: pause toutes les deux heures pour le travail sur écran, mouvements d'étirement, etc. Tout cela coûte très cher à la Sécurité sociale.

13 Supprimer le délai de carence pour les arrêts maladie.

Les deux premiers jours d'arrêt n'étant pas pris en charge, les médecins prescrivent généralement des arrêts plus longs, même pour une affection bénigne. Autoriser les salariés à s'absenter 48 h sans le sacro-saint certificat médical et sans réduction de salaire éviterait qu'ils s'arrêtent une semaine: économie de consultation médicale, moins d'absentéisme, moins d'indemnités journalières à rembourser. Dans les établissements scolaires, la dispense de certificat médical pour une absence de deux jours éviterait d'aller chez le médecin pour des affections ne nécessitant que du repos loin des microbes et du froid.

14 Réduire le stress au travail.

Lié à la surcharge mentale, à la peur du chômage, à la valorisation de la compétition qui exclut les moins performants, à la dévalorisation de certains métiers (métiers manuels, soignants, enseignants, agriculteurs .. ) et parfois au harcèlement moral, ce stress coûte cher en termes d'arrêt de travail pour dépression, troubles du rythme (tachycardie, spasmophilie), troubles du sommeil et consommation de psychotropes. Revoir les rythmes de travail et promouvoir des relations professionnelles chaleureuses et respectueuses permettraient d'économiser sur les dépenses de santé et d'améliorer la qualité du travail: plusieurs études montrent que le stress est source d'accidents, de mauvaise productivité et de malfaçons.

15 lutter contre le chômage.

De 1999 à 2001, les créations d'emplois avaient généré assez de cotisations sociales pour que le régime général d'Assurance maladie soit en excédent! Le déficit ne s'est creusé qu'en 2003. Lutter contre le chômage est donc le meilleur remède au déficit de la Sécurité sociale. De plus, les urgences des hôpitaux sont saturées avec des gens qui ne sont pas malades, mais en détresse: sans-abri, sans-papiers, jeunes à la dérive. L'hôpital devient le refuge des plus démunis, ce qui n'est pas son rôle et coûte très cher.

16 Faire rentrer l'argent dû.

De 1992 à 2002, l'Etat a accordé des exonérations de cotisations sociales aux entreprises pour un montant de 113,5 milliards d'euros. Ces exonérations devaient être prises en charge par le budget de l'Etat, mais 21,6 milliards d'euros n'ont jamais été remboursés à l'Assurance maladie (source: document de l'Agence centrale des caisses de Sécurité sociale, septembre 2003, cité dans Alternative Santé, n° 313). Autrement dit, les mesures de l'Etat en faveur des entreprises sont financées en partie par l'Assurance maladie, à qui on demande ensuite de faire des économies sur le dos des assurés!