Ephémérides de Septembre 2016

Pleine Lune le 16 à 19 h 06 (21 h 06 locale), Nouvelle Lune le 01 à 09 h 04 TU (11 h 04 locale).

Le 1er septembre à 12 h 00, nous serons le 2 457 633éme jour du calendrier Julien

Et une éclipse pénombriale de lune le 16 de 18 h 56. Et une éclipse annulaire de soleil le 01 de 06 h 12 à 4 N 4 W, à 11 h 59 à 29 S 86 E.

Pour les naissances, le soleil passera du signe de la Vierge à celui de la Balance le 23 à 06 h 22 TU (04 h 22 locale)

31 août/1er sept : XIV Edrini 4389 : Eulaxsus (fête de la Sagesse) ; 01/02 : XV Edrini : Noxs Danouon (Nuit des dons) ; 02/03 : I At Edrini : Uegilia Udaras (fête de la loutre) ; 17/18 : I Cantli 4389 : Uegilia Sucelli (Sucellos) ; Cantlos : mois dédié à Sucellos et au hêtre (bagos) ; 22/23 : Alban Elued Equinoxe d’Automne et sommet d’abondance.

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Il est important de savoir comment l’ignorance est produite.

Certains champs du savoir sont délaissés ou, pire, font l’objet de manipulations délibérées. Étudier les mécanismes à l’œuvre et les connaître constituent un enjeu citoyen et de société.

Mathias GIREL

Pour la Science - n° 467 - Septembre 2016 POINT DE VUE

Mathias GIREL est maître de conférences au département de philosophie de l’École normale supérieure, à Paris, et dirige le Centre d’archives en philosophie, histoire et édition des sciences (CAPHES, ENS-CNRS)

        L’ignorance est un thème dont l’importance est désormais reconnue dans le milieu académique, comme en témoigne un épais manuel publié en 2015 (voir la bibliographie). Il est temps que les autres acteurs de la société s’en emparent aussi. Car des questions de science ou de technologie s’immiscent de plus en plus dans les problèmes et les choix auxquels sont confrontés nos sociétés et leurs décideurs. Il suffit de penser aux plantes génétiquement modifiées, à l’énergie nucléaire, à l’impact des polluants sur la santé ou au réchauffement climatique.

        La question du savoir, ou celle de son absence, est ainsi centrale pour les démocraties. Il s’agit entre autres de donner un accès plus large aux connaissances afin de donner corps à une citoyenneté éclairée. Cela fait de l’ignorance un problème politique. Par ailleurs, en raison de la complexité croissante des phénomènes et des savoirs, il nous faudrait apprendre à vivre et agir en contexte d’ignorance et d’incertitude. Nous devons d’abord comprendre que l’ignorance offre des visages fort différents. Le plus familier d’entre eux est l’ignorance relative: on peut ignorer ce que d’autres savent. Les secrets industriels ou les secrets d’État, ou encore la méconnaissance d’aspects importants de la vie d’autres communautés sont des exemples d’une telle ignorance. Celle-ci renvoie alors à une répartition plus ou moins inégale d’un savoir fiable et pose la question du préjudice (intellectuel, sanitaire, éthique, politique...) qui est causé quand une partie de la société n’a pas accès à ce savoir.

        L’ignorance peut revêtir un sens plus fort lorsqu’elle renvoie à des attentes vis-à-vis d’une connaissance que personne ne possède encore, mais dont on pense qu’elle pourrait être produite et qu’elle serait utile pour trancher des questions ou conforter des revendications. Tout programme de recherche est, en ce sens, une délimitation d’ignorance intéressante («Où est la matière noire?», «À quoi la pandémie actuelle d’obésité est-elle due?»...). Stuart Firestein, neurobiologiste à l’université Columbia, a ainsi proposé de voir dans l’ignorance le moteur de la science. Le sociologue Scott Frickel, de l’université Brown, et ses collègues ont montré comment des collectifs, par exemple des riverains de sites de production chimique, pouvaient unir leurs efforts pour en appeler à une science qui n’est pas faite (undone science), par exemple celle de l’effet d’une exposition à des pics brefs mais intenses de pollution. La mobilisation se déroule autour d’une absence de connaissance, d’une ignorance, que l’on regrette. On peut enfin choisir de ne pas entamer des travaux de recherche qui semblent trop dangereux, que ce soit par leurs résultats mêmes (par exemple en microbiologie, lorsqu’il y a un risque de produire une bactérie mortelle et très infectieuse) ou par leur instrumentalisation possible (par exemple sur la corrélation éventuelle entre quotient intellectuel et origine ethnique). C’est, dans de telles situations, une forme d’ignorance délibérément choisie.