Ephémérides de Septembre  2010

Pleine Lune le 23 à 09 h 18 (11 h 18 locale), Nouvelle Lune le 08 à 10 h 31 TU (12 h 31 locale)

Le 1er septembre à 12 h 00, nous serons le 2 455 441éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe de la Vierge à celui de la Balance le 23 à 03 h 10 TU (05 h 10 locale)

31 août/1er sept : IX Edrini  4383 ; 5/6 sept : XIV Edrini : Eulaxsus (fête de la Sagesse) ; 6/7 sept : XV Edrini : Noxs Danouon (Nuit des dons) ; 22/23 sept. : I Cantli 4383 : mois dédié à Sucellos et au hêtre (bagos).

 

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C’est comme on veut ! C’est beau la science !

Les biphosphonates augmentent-ils le risque de cancer de l’œsophage ? L’étude qui dit non

Aux Etats-Unis comme dans la plupart des pays favorisés, les prescriptions de biphosphonates ont véritablement explosé. L’ostéoporose représente un marché d’ores et déjà énorme pour l’industrie pharmaceutique, en sachant que les anti-ostéoporotiques efficaces sont peu nombreux. Les biphosphonates dont il existe désormais des formes retard administrées par voie orale rentrent dans ce cas de figure. Leur acceptabilité est dans l’ensemble satisfaisante, encore que leur prise ait été associée à la survenue d’une œsophagite, voire dans certaines études, à un risque de cancer œsophagien. Il faut tout de même souligner que ces associations ont été décrites dans des études qui, d’un point de vue méthodologique, laissent largement à désirer.

Une enquête de grande envergure a été réalisée au Royaume-Uni à partir d’une base de données constituée dans le cadre de la pratique médicale courante, en l’occurrence la General Practice Research Database. Il s’agit en fait d’une étude de type cas-témoins qui a porté sur une cohorte composée de patients exposés ou non aux biphosphonates entre janvier 1996 et décembre 2006. Les cancers de l’œsophage ou de l’estomac ont été identifiés au moyen des codes en vigueur au travers du Read/Oxford Medical Information System. L’analyse statistique a reposé sur le modèle des risques proportionnels de Cox, avec ajustement en fonction des facteurs de confusion potentiels. La durée moyenne du suivi a été de 4,5 années dans le groupe traité et de 4,4 années chez les témoins. L’effectif a été de 41 826 patients dans chaque groupe, dont 81 % de femmes (âge moyen, 70,0+/-11,4 ans).

Dans le groupe biphosphonates ont été dénombrés 116 cas de cancer œsophagien ou gastrique (œsophage, n=79) versus 115 (œsophage, n=72) dans le groupe témoin. L’incidence de ces deux cancers (pour 1 000 sujets-années) a été estimée à 0,7 dans les deux groupes, versus respectivement 0,48 et 0,44 pour ce qui est des seuls cancers œsophagiens. Aucune différence intergroupe significative n’a été mise en évidence en ce qui concerne les odds ratios ajustés, quels que soient le type de biphosphonate ou encore la durée de l’exposition à ces médicaments.

En bref, cette étude de type cas-témoins ne met en évidence aucune association significative entre l’exposition aux biphosphonates et le risque de cancer œsophagien ou gastrique.


Dr John Sorri - Cardwell CR et coll. : Exposure to Oral Bisphosphonates and Risk of Esophageal Cancer JAMA 2010;304:657-663.

Les biphosphonates augmentent-ils le risque de cancer de l’œsophage ? L’étude qui dit oui

Début 2009, la Food and Drug Administration recevait des Etats Unis, d’Europe et du Japon, des notifications d’effets indésirables évoquant la possibilité d’un lien entre le cancer de l’œsophage et la prise de biphosphonates par voie orale. Une telle association ne semblait pas incongrue : l’œsophagite est un effet secondaire bien connu des biphosphonates, et l’inflammation de l’œsophage est elle-même un facteur de risque de cancer épidermoïde aussi bien que d’adénocarcinome.

Depuis, les différents travaux consacrés à ce sujet n’avaient pas confirmé le lien entre cancer de l’œsophage et prise de biphosphonates, et encore très récemment, une étude signée Cardwell et coll. infirmait cette hypothèse.

C’est pourtant en utilisant la même base de données, incluant plus de 6 millions de personnes, qu’une équipe de l’Université d’Oxford arrive à une conclusion toute différente. J Green et coll. observent en effet une augmentation de l’incidence des cancers de l’œsophage chez les sujets ayant reçu des biphosphonates par rapport à ceux auxquels ils n’ont pas été prescrits (RR 1,30 ; IC 95 % : 1,02 à 1,66, p = 0,02). Le risque est significativement plus élevé pour le groupe de patients qui ont eu 10 prescriptions ou plus de ces médicaments RR 1,93, IC 95 % 1,37 à 2,70) par rapport à ceux qui en ont eu 1 à 9 (0,93, IC 95 % 0,66 à 1,31) et chez ceux qui sont supposé avoir consommé des biphosphonates pendant plus de 3 ans (environ 5 ans) par rapport à ceux qui n’en ont jamais pris (RR 2,24, IC 95 % 1,47 à 3,43), et ceci quel que soit le type de biphosphonate utilisé. Alors que l’incidence du cancer de l’œsophage est estimée à 1 pour mille à 5 ans pour les personnes de 60 à 79 ans, elle est de 2 pour mille après 5 ans d’utilisation de biphosphonates. Il s’agit le plus souvent d’adénocarcinomes, bien que les informations concernant les type histologiques soient insuffisantes pour être significatives.

Ces résultats sont contradictoires avec ceux de l’étude de Cardwell et coll..Les auteurs estiment que l’explication de cette contradiction réside dans la durée du suivi, deux fois plus long que celui de Cardwell et coll., ainsi que dans la comparaison avec les cas-contrôle, 1 cas de patient traité par bisphosphonate comparé à 5 cas-contrôles dans cette étude, alors que l’étude de Cadwell et coll. comparait chaque cas traité à 1 cas-contrôle.

Ils soulignent toutefois des limitations dans l’interprétation des résultats, liées à la méthodologie de l’étude elle-même. Elle se base en effet sur des données concernant les prescriptions, mais il n’existe aucune certitude que les traitements aient été rigoureusement pris. Aucune information non plus concernant la délivrance ou le respect des instructions remises par les praticiens concernant la prise des biphosphonates, instructions destinées à réduire le risque d’œsophagite.

Le traitement et la prévention des fractures ostéoporotiques est un enjeu croissant de santé publique et les effets secondaires des biphosphonates sont suivis avec beaucoup d’attention par les autorités de santé et les praticiens. Souhaitons que rapidement d’autres essais viennent éclaircir ce point et confirmer ou réfuter les conclusions de cette étude.

Dr Roseline Péluchon - Green J. et coll. : Oral bisphosphonates and risk of cancer of oesophagus, stomach, and colorectum: case-control analysis within a UK primary care cohort. BMJ 2010;341:c4444