EPHEMERIDES DE SEPTEMBRE 2002

Pleine Lune le 21 à 14 h 00 (16 h 00 local)

Nouvelle Lune le 4 à 03 h 11 TU (05 h 11 local)

Le 1er septembre à 12 h 00, nous serons le 2 452 519éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe de la Vierge à celui de la Balance le 23 à 04 h 56 TU (06 h 56 local)

31 août/1er septembre : X Edrini 4375, mois dédié à Tanaris et au bouleau (betua) ; 06/07 sept : I At Edreni : Uegilia laueri (fête de l’abondance) et 21/22 sept : I Cantli : Alban Elued (Equinoxe) et Uegilia Maponi (fête de Maponos, Dieu gaulois " Dieu-fils ", " jeune soleil ").

^ _ ` a b c d e f g h i

le sommet de Johannesburg

 

Jean-Marie Pelt, 68 ans, botaniste et président de l'Institut européen d'écologie

94 % des Français pensent que la Terre est en danger. Etes-vous surpris?
Jean-Marie Pelt .
Ce chiffre est à la fois énorme, étonnant, donc encourageant. Je n'aurais pas parié sur une prise de conscience aussi massive ! C'est une belle surprise. D'où l'intérêt du sommet de Johannesburg. Sa forte médiatisation est, au moins, pédagogique. Et les gens ne sont plus aveugles : quand ils voient des voitures retournées à Nice par une tornade, et qu'il se passe la même chose le lendemain à Béthune, ils réalisent que la machine climatique est en train de se dérégler. Et qu'il est temps d'agir.
Justement, est-on pour autant prêt à agir ?
Les gens comprennent que l'emballement planétaire vient en partie des comportements quotidiens, et de l'incapacité des décideurs politiques à passer à l'action. Mais il n'y a rien de plus faux et dangereux que de penser que le citoyen lambda ne peut rien faire. Commençons déjà par trier nos déchets, par boycotter les aliments contenant des OGM, et par faire pression sur les politiques. Je ne suis pas totalement idéaliste : les choses avanceront réellement quand surviendra la catastrophe de trop...
Dans ce qui ressemble à un désordre mondial, comment s'en sort la France?
Au niveau européen, notre pays n'est pas bon élève, sauf peut-être pour les problèmes d'écologie urbaine. En termes d'énergies renouvelables comme l'éolien et le solaire, ou pour la préservation de la nature, nous sommes des cancres. Et pourtant la situation n'a rien de florissant. Je me souviens d'un herbier que j'avais composé lorsque j'étais étudiant en pharmacie à Nancy, au début des années cinquante. Je récoltais des plantes sur les bords de chemin. Quand je m'y balade aujourd'hui, il ne reste plus rien. C'est le résultat de pratiques agricoles désastreuses.
Qu'attendez-vous du Sommet de la Terre ?
De mobiliser les opinions. Tout le monde parle d'échec annoncé, voyons les raisons d'espérer. Déjà, les chefs d'Etat ou de gouvernement, autrefois hermétiques, se laissent gagner par une nouvelle sensibilité écologique. Chirac, mais aussi Blair ou Schröder, ont chacun eu à gérer des catastrophes naturelles ces derniers temps.

Propos recueillis par Charles de Saint Sauveur Le Parisien , dimanche 01 septembre 2002

 

 

La revendication des peuples indigènes au Sommet de la Terre

LEMONDE.FR | 27.08.02

Ponchos andins, tatouages maoris, tresses indiennes et couvre-chefs emplumés amazoniens ont investi mardi 27 août l'ultra-moderne librairie de Sandton, à deux pas du centre de conférences, pour présenter leur déclaration politique, issue d'un sommet indigène la semaine précédente à Kimberley (Afrique du Sud).

Les peuples indigènes plaident pour l'inscription dans la déclaration finale du sommet d'une simple phrase garde-fou : "Nous réaffirmons le rôle vital des peuples indigènes dans le développement durable." Au nom de leur relation unique à la Terre, de leur savoir traditionnel, de leur vision d'un monde "durable".

"Il ne peut y avoir de développement durable sans reconnaissance des droits des peuples indigènes sur leurs terres et sur le contrôle de leurs ressources", a déclaré Victoria Tauli-Corpuz, du peuple Kankanaey-Igorot (Philippines), au nom du Groupe des peuples indigènes.

Les indigènes, qui représentent 5 000 peuples et 350 millions de personnes à travers le monde, ont dénoncé le "Sommet de l'avidité durable" de Johannesburg, et la détérioration des conditions de leurs peuples, "premières nations", comme ils se définissent, depuis le premier sommet de la Terre de Rio en 1992.

"La globalisation économique est l'un des principaux obstacles aux droits des peuples indigènes" apparus depuis Rio, pose la déclaration de Kimberley, le pendant de la déclaration de Kari-Oca en 1992.

"Firmes transnationales et pays industrialisés imposent leur ordre du jour sur les négociations internationales (...).

Des niveaux intenables d'extraction minière, de culture, de production et de consommation" ont entraîné une pauvreté, un pillage et une expropriation accrue des indigènes, poursuit la déclaration.

"Nous sommes uniques dans notre relation à la Terre, nous avons quelque chose à offrir au monde" en matière d'usage durable de l'environnement, a martelé Tom Goldtooth, un Indien Dakota-Diné du Minnesota.

Mais contre le pillage des ressources et du savoir des peuples indigènes, la déclaration insiste sur "le respect, la promotion et la protection des systèmes de savoir traditionnels, et la garantie des droits de propriété intellectuelle collective". Dans ce but, les indigènes se disent prêts à des partenariats avec les Etats, le privé, les agences internationales.

Ce qui est en jeu à Johannesburg, c'est d'éviter le "point de non-retour" de destruction de la Terre et de "prendre les décisions, comme nos aînés le faisaient, non pour nous ou nos enfants, mais avec une vision à sept générations", a résumé Oren Lyons, chef iroquois à la tête de campagnes indigènes depuis quinze ans.

Inuits de l'Arctique menacés par le réchauffement climatique, indigènes des Philippines par l'exploitation minière, les premières nations ont des priorités diverses, mais toutes réclament une "pause", un temps de "guérison".

Pour les Khoïsans d'Afrique australe, cette "guérison spirituelle" passerait par la restitution, comme récemment avec la "Vénus hottentote", remise par la France à l'Afrique du Sud, des "milliers de restes d'ancêtres, conservés dans des boîtes ou des bocaux, sur les étagères des universités et des musées".

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