EPHEMERIDES DE SEPTEMBRE 2001

Pleine Lune le 02 à 21 h 44 TU (23 h 44 local)

Nouvelle Lune le 17 à 10 h 28 TU (12 h 28 local)

Le premier septembre à 12 h 00, nous serons le 2 452 154éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe de la Vierge à celui de la Balance le 22 à 23 h 06 TU (le 23 à 01 h 06 local)

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Que reproche-t-on aux organismes génétiquement modifiés ?

Une technique mal contrôlée qui confine parfois au bricolage.

Parmi les questions en suspens, l'influence sur la chaîne alimentaire LE MONDE édition du 23.08.01

Les géants de l'agrochimie les disent "substantiellement équivalents" aux plantes qu'ils sont censés remplacer. Mais les opposants soulignent que l'introduction d'un ou plusieurs gènes, souvent issus d'organismes appartenant à des espèces différentes, n'est en rien anodine, du point de vue tant sanitaire qu'environnemental.
La découverte par une équipe de chercheurs belges d'un fragment d'ADN d'origine inconnue dans le soja génétiquement modifié commercialisé en Europe par Monsanto depuis 1996 démontre que la technique génétique confine encore parfois au bricolage (Le Monde daté 19-20 août). Ces craintes sont anciennes. La Guerre au vivant (Agone, 2001), ouvrage coordonné par Jean-Pierre Berlan, ou encore OGM, le vrai débat, de Gilles-Eric Séralini (Flammarion, 2001), en offrent un panorama édifiant.
Une des premières molécules issues d'une bactérie génétiquement modifiée, le l-tryptophane, un complément diététique commercialisé en 1989 aux Etats-Unis, est soupçonnée d'être à l'origine du syndrome de la myalgie éosinophile, qui a tué au moins trente-sept personnes et en a laissé plusieurs milliers d'autres handicapées à vie outre-Atlantique.
Il n'a pas été possible de déterminer si la manipulation génétique - ou plutôt le mode de préparation du composé - était en cause, les stocks de bactéries détenus par Showa Denko, la compagnie japonaise déjà à l'origine de la pollution au mercure à Minamata, ayant été détruits... par un incendie.
Le doute subsiste aussi pour les pommes de terre transgéniques produisant des lectines, protéines qui renforcent leur résistance aux ravageurs. En août 1998, Arpad Pusztai, chercheur de renom, avait été suspendu du Rowett Institute d'Aberdeen (Ecosse) après avoir annoncé à la télévision, sur la base de résultats préliminaires, que le système immunitaire de jeunes rats avait été affaibli par l'ingestion de ces tubercules.
Sur le même sujet L'Union européenne tente de réglementer sans entraver l'industrie des biotechnologies Il a fallu attendre octobre 1999 pour que le Lancet accepte de publier les résultats de Pusztai, contre l'avis des scientifiques chargés de relire le manuscrit.
Reste que certains OGM ont déjà montré leur pouvoir allergisant, comme, en 1996, ce soja doté d'un gène de noix du Brésil, qui a pu être retiré à temps du marché.
On s'interroge aussi sur les effets imprévus des insecticides produits par l'OGM, et sur ceux des herbicides auxquels la plante a été rendue tolérante et qu'elle métabolise : quelle est leur influence sur la chaîne alimentaire ?
Sur les insectes non ciblés par les produits (comme le papillon monarque) et leurs prédateurs (chrysope) ? La présence à haute dose de l'insecticide Bt produit par les OGM ne risque-t-elle pas d'induire, à terme, une résistance chez les nuisibles, ce qui rendrait inopérante une molécule utilisée par ailleurs en agriculture biologique ?
RISQUE DE DISSÉMINATION Autre risque souvent évoqué, la dissémination incontrôlée d'un gène de résistance à un antibiotique, l'ampicilline, introduit dans certaines lignées d'OGM pour en contrôler la mise au point. Ce gène pourrait se transmettre aux souches de bactéries présentes dans le sol ou chez l'homme. Le retrait du gène en question aurait renchéri la mise au point des OGM. Les chercheurs ont donc développé des méthodes pour s'en passer, mais il continue à être utilisé par certains industriels.
Les scientifiques étudient aussi le transfert de capacités de tolérance aux herbicides à des adventices (mauvaises herbes). Or il apparaît, non seulement, que de tels transferts sont possibles - du colza vers la ravenelle, plante cousine des radis sauvages, par exemple - mais, de plus, qu'ils sont durables.
Aucune autorisation de mise sur le marché n'a donc été délivrée en France au colza transgénique, qui fait cependant l'objet d'essais en champ.
Le maïs est moins suspect, de ce point de vue, car il n'existe pas en Europe d'espèce sauvage qui lui soit apparentée. En revanche, il peut fort bien polliniser des plants non OGM et les contaminer, comme le prouve le récent avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui a révélé que des traces de contamination avaient été mesurées sur 41 % de quelque 39 échantillons de maïs non OGM.
En mai 2000, la France avait déjà dû arracher 600 hectares de colza d'Advanta Seeds, dont les semences comportaient environ 1 % de graines transgéniques.
A l'automne 2000, des traces de maïs transgénique Starlink, de la firme franco-allemande Aventis, en principe réservé à l'alimentation animale parce que suspecté de causer des allergies chez l'homme, étaient repérées dans des centaines de produits de consommation humaine.
Ces contaminations, si elles ne constituent pas forcément un problème sanitaire, posent de façon aiguë la question de la pérennité de la filière non OGM. Il conviendrait, en effet, de séparer de plusieurs centaines de mètres les parcelles des deux types, afin d'éviter les pollinisations croisées, favorisées par le vent et le butinage des insectes. Gestion du territoire, logistique et contrôle de la filière agroalimentaire sont donc aussi cruciaux que les questions posées à la recherche fondamentale par l'utilisation des OGM.
Hervé Morin
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