Ephémérides de août 2011

Pleine Lune le 13 à 18 h 59 (20 h 59 locale), Nouvelle Lune le 29 à 03 h 05 TU (05 h 05)

Le 1er août à 12 h 00, nous serons le 2 455 775éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Lion à celui de la Vierge le 23 à 11 h 22 TU (13 h 22 locale)

31 juillet/1er août : II At Equi 4384 ;13/14 août : XV At Equi : Nemeta , fête des bois sacrés ; 14/15 août : I Elembiui 4384 : Lugnasad (fête de Lug) et mois dédié à Lugos et au frêne (Onna). 27/28 août: XIV Elembiui : Noxs Soibarion (Fête des Fées) 

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Algues vertes et marcassins : le polar de l’été

Saint Brieuc, le mardi 2 août 2011 – Pour beaucoup de vacanciers ayant choisi la plage pour se reposer d’une année de travail, ces semaines chômées ne peuvent se concevoir sans la lecture d’un bon roman policier. Pour ces inconditionnels du polar qui auraient oublié le dernier best-seller à la mode dans leur valise, la lecture de la presse régionale bretonne et des quotidiens nationaux leurs offriront une consolation très satisfaisante avec l’énigme des trente-six sangliers retrouvés morts récemment dans l'estuaire du Gouessant.

Des taux d’hydrogène sulfuré

L’épisode du jour offre des résultats d’analyse qui, comme le veut la règle d’or des romans policiers, tendent presque plus à renforcer le mystère qu’à l’éclaircir. Pour l’heure, les cadavres de six marcassins ont été analysés. Des taux divers d’hydrogène sulfuré, le gaz dégagé par la putréfaction des fameuses algues vertes, ont été retrouvés pour cinq d’entre eux, tandis que le dernier s’en est révélé indemne. Ces teneurs variaient entre 0,14 mg/kg et 1,72 mg/kg par kilo en passant par 0,36 mg/kg, 0,93 mg/kg et 1,47 mg/kg. Par ailleurs, selon le Monde, le sanglier qui semble avoir échappé à cette infestation plus ou moins importante d’hydrogène sulfuré présentait pour sa part des traces de chloralose, un produit utilisé pour empoisonner les rongeurs. Cependant, le niveau de chloralose retrouvé dans le corps de l’animal semble insuffisant pour avoir provoqué son décès.

Pas si élémentaire, mon cher Watson

Que signifient ces différentes données ? Elles apparaissent difficiles à interpréter. Si la présence d’hydrogène sulfuré sur cinq des cadavres de sangliers a immédiatement été considérée par certains groupes écologistes comme la confirmation de la responsabilité des algues vertes, les experts et autorités se montrent moins catégoriques. Leurs difficultés résident dans le fait que l’on ne dispose pas de suffisamment de précisions quant aux niveaux d’hydrogène sulfuré potentiellement létale. Les associations écologistes se réfèrent souvent à la concentration retrouvée chez un cheval mort en 2009 sur une plage du même département également jonchée d’algues vertes : 1,18 mg/kg. Outre que cette référence ne peut s’imposer comme une vérité scientifique parfaite, elle pourrait nourrir de nouvelles interrogations concernant les marcassins pour lesquels les plus faibles teneurs d’hydrogène sulfuré ont été retrouvées (0,14 mg/kg ou même 0,36 mg/kg " suffisent-ils " pour tuer un sanglier ?). Une certaine confusion que le secrétaire général de la préfecture, Philippe de Gestas résume ainsi : " Il serait excessif de conclure de manière radicale que c'est l'hydrogène (H2S) qui a provoqué leur mort puisque l'un de ces animaux n'en présentait pas. Le H2S a pu contribuer à leur mort dans des proportions que je ne suis pas en mesure de vous dire aujourd'hui " a-t-il constaté.

Faisceau de preuves

Une formulation qui a fortement irrité les écologistes pour lesquels il ne fait aucun doute que les algues vertes sont bien à l’origine de cette hécatombe de marcassins. Leur position est d’ailleurs plutôt confortée par les déclarations de certains spécialistes tel le docteur Claude Lesné, médecin au CNRS et chercheur au département de Santé publique de l'université de Rennes qui, dans le Figaro, confirme :

"Il y a désormais un faisceau de preuves qui pointent vers les algues. Si on part de l'hypothèse que tous les sangliers sont morts de la même chose, le scénario de l'intoxication au gaz devient incontournable", poursuit-il. En tout état de cause, il apparaît certain que de nouvelles analyses demeurent nécessaires, notamment pour explorer une troisième piste qui avait été initialement évoquée : l’empoisonnement des bêtes par des cyanobactéries détectées dans une retenue d’eau proche de l’endroit où ils ont été retrouvés morts.

Appel à une fermeture des plages

Dans l’attente de ces nouvelles données, les écologistes devraient continuer à incriminer les algues vertes, hypothèse qui apparaît de fait la plus étayée. Beaucoup d’entre eux estiment que la mort de ces marcassins doit représenter une alerte conduisant à la mise en place de mesures de précaution plus strictes. " Ce n’est pas seulement dangereux pour les animaux sauvages mais pour tout ce qui respire " a ainsi souligné Benoît Hartmann de France Nature interrogé par Europe 1. " Quand on est pas en capacité de les ramasser parce que cela coûte trop cher, il faut fermer les plages ".

Centre de recherche sur les algues vertes encore inexistant

L’activité de nettoyage des plages semble de fait appelé à croître : à la mi-juillet 32 000 mètres cubes d’algues vertes ont été collectés contre 28 271 mètres cubes à la même période l’an dernier.

L’amélioration des capacités de collecte et de traitement des algues représentait l’un des points clés du plan de lutte contre les algues vertes déployé en février 2010. Aujourd’hui, l’hebdomadaire l’Express qui tire un premier bilan des actions engagées estime que cet objectif n’est encore rempli qu’à moitié. Par ailleurs, Gilles Huet, délégué régional de l’association Eau rivières de Bretagne juge que " quels que soient les efforts, on n’arrivera jamais à éliminer tous les dépôts ". Pour l’heure, les points qui semblent avoir concentré le plus l’attention des pouvoirs publics sont le renforcement de la protection des personnes chargées du ramassage des algues et la réduction des flux d’azote provenant des centres de traitement des eaux usées (ce qui correspond à 10 % des sources d’azote). A contrario, le groupement de recherche qui doit être créé par le ministère du Développement durable est encore au point mort, sans parler de la difficulté que représente l’évolution incontournable des pratiques agricoles.

Aurélie Haroche http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/EB/F5/document_actu_pro.phtml