Ephémérides de juillet 2014

Pleine Lune le 12 à 11 h 26 (13 h 26 locale), Nouvelle Lune le 26 à 22 h 43 TU (le 27 à 00 h 43 locale),

Le 1er juillet à 12 h 00, nous serons le 2 456 840éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Cancer à celui du Lion le 22 à 21 h 42 TU (23 h 42 locale)

30 juin/1er juillet : X Simiuisoni 4386 .06/07 : I At Simiuisoni : Minmantiatiom Noxs (nuit des mères) ; 21/22 : I Equi : Uegilia Nemetona (fête de Nemetona) ; Equos : mois dédié à Nemetona (déesse du Nemeton, espace consacré au divin), et au genêt (Banatlos).

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LE DOCTEUR MAILLOT (histoire de Briey, Madame ALICE LAVALLEE-BECQ, 1937)

        "Né à Briey le 24 pluviôse an XIII (3 Février 1804), François-Clément Maillot était le fils de Nicolas-François Maillot, officier de santé, et de Geneviève Leprosse. Il fit de bonnes études au lycée de Metz, puis entra en 1820 à l'Hôpital militaire d'instruction de cette ville et y obtint un second prix en 1824. Cette même année, il passait comme chirurgien au Val-de-Grâce. Lauréat de cette école en 1826, il devenait aide-major et était reçu docteur en 1828.

        En Corse, où il fut d'abord envoyé comme médecin-major, son attention s'était porté sur le caractère particulier des fièvres des pays chauds. Il y recueillit d'importantes observations qui devaient ensuite, à son arrivée à Alger, en 1832, servir de base à ses recherches sur les fièvres intermittentes.

        Ses travaux attirèrent l'attention de ses chefs, et, en 1834, le Gouvernement l'envoya à Bône comme médecin-chef. Il y fit de nombreuses observations sur les fièvres de l'Algérie, qui, jusqu'alors, avaient été traitées comme la fièvre typhoïde de nos climats.

        Rompant avec les idées de l'Ecole, il abandonne les saignées tant prônées par Broussais,. et prescrit le sulfate de quinine à haute dose. C'était le salut de notre Algérie.

        Le Docteur Maillot ne devait pas seulement reconnaître la forme paludéenne de la maladie et en indiquer le traitement. Il s'appliqua, en outre, à faire disparaître la cause même du mal en signalant la nécessité de procéder au plutôt à ces grands travaux de dessèchement des marais, dont la réalisation ultérieure devait contribuer si puissamment à l'assainissement du pays.

        En 1834, à l'arrivée du Docteur Maillot à l'hôpital de Bône, la moyenne de la mortalité était de 25 %. La maladie atteignait tout le monde, soldats et colons. L'esprit public, les journaux, les savants, le Gouvernement, s'émurent en présence des statistiques déplorables et conclurent que, si l'on ne pouvait acclimater les européens, l'achèvement de la conquête et la colonisation par nous devenaient impossibles. A Bône, sur un effectif de 5.500 hommes, il mourait 1.100 soldats ou officiers. A Milianah, en 1834, une colonne de 1.100 hommes valides, en 90 jours, est réduite à 300 hommes; trois mois après, à 80.

        Sur un poste de 27 hommes, au blockhaus de la Fontaine, 25 moururent en quelques jours, y compris le médecin.

        L'arrivée du Docteur Maillot mit fin à cette désastreuse situation. En 1884, sur une garnison de 1.826 hommes à Bône et 736 entrées à l'hôpital, il n'y eut que 8 décès, exemple frappant des grands progrès réalisés.

        Malgré ces résultats merveilleux, le Docteur Maillot eut de la peine à s'imposer. Sa méthode rencontrait d'ardents adversaires chez les partisans de la doctrine de Broussais. Ceux-ci, parurent même un instant triompher, car, en 1835, le Docteur Maillot était rappelé en France. Heureusement, cette disgrâce fut de courte durée: quelques mois plus tard, le Gouvernement le renvoyait en Algérie. Nommé, en 1836, professeur à l'hôpital d'instruction de Metz, il était fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1839.

        Médecin en chef, professeur de clinique à l'hôpital militaire de Lille en 1846, il y resta jusqu'en 1850, époque à laquelle il fut appelé à professer au Val-de-Grâce. Médecin principal Inspecteur en 1852, officier de la Légion d'Honneur en 1858 et Commandeur en 1861, le Docteur Maillot devint, en 1864, président du Conseil de santé des Armées, fonctions qu'il a conservées jusqu'au 30 Avril 1868, date de sa mise à la retraite.

        L'éminent professeur Verneuil, en 1881, dans un Congrès tenu à Alger pour l'avancement des sciences, n'hésitait pas à l'appeler: LE BIENFAITEUR DE L'ALGÉRIE, BIENFAITEUR DE L'HUMANITÉ.

        La méthode de Maillot, c'est-à-dire l'emploi de la quinine à haute dose, contre les fièvres, est aujourd'hui appliquée avec succès dans toutes les colonies. Dans sa séance du 2 avril 1883, l'Académie des Sciences (médecine et chirurgie) a reconnu publiquement les grands services de Maillot en lui décernant le prix Montyon pour ses admirables travaux sur les fièvres continues des pays chauds (rapport de M. Paul Bert).

        Une récompense plus rare encore lui était réservée. Sur la proposition d'Alfred Letellier, député d'Alger et de quatre vingts de ses collègues, parmi lesquels M. Mézières, M. Paul Bert et tous les députés-médecins de la Chambre, un projet de loi fut déposé, tendant à l'attribution à M. Maillot d'une pension nationale de 6.000 Francs.

        Cette pension, juste couronnement d'une carrière bien remplie, lui fut votée le 25 Juillet 1888. C'était un peu tard, il est vrai, car le Docteur Maillot avait alors déjà 84 ans; il ne put en jouir que 6 années, soit jusqu'au 24 Juillet 1894, date de sa mort. L'Algérie avait la première, donné l'exemple de la reconnaissance. Dès 1881, le village de Soulk-el-Tleta changeait son nom contre celui de Maillot. Son buste y est érigé. La même année, la ville d'Alger donnait également son nom à une de ses rues. En 1882, Bône faisait de même.

        Briey, sa ville natale, donnait, de son côté, son nom à l'une de ses places, celle précisément où se dresse la maison où est né l'illustre savant. Dans les hôpitaux militaires du Val-de-Grâce, d'Alger, de Mustapha, de Lille, de Longwy, des salles de malades portaient son nom.

        M. le Ministre de la Guerre, de son côté, a ordonné que l'ouvrage intitulé " L'oeUVRE DE MAILLOT ", publié par le comité d'études médicales de l'Algérie, fût envoyé dans toutes les bibliothèques médicales des hôpitaux militaires et des corps de troupes. Il vient, en outre, de décider que le buste en bronze de M. Maillot ornerait les salles d'honneur du Val-de-Grâce et de l'Ecole du service de santé militaire de Lyon.

        Au cours de sa haute carrière, Maillot a publié de nombreux et importants travaux qui datent de toutes les époques de sa vie médicale. Il n'a cessé d'écrire, et, jusqu'à ses derniers moments, il a collaboré à des journaux de médecine.

        Maillot fut le salut de la colonie algérienne et de beaucoup d'autres. Grâce à lui, des milliers de malades ont été sauvés chaque année; et la race des immigrants put faire souche dans une patrie nouvelle." (2)

        La ville de Briey, où le Docteur Maillot avait encore de la famille, lui érigea, en 1896, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, une statue en bronze sur un piédestal en granit, où le célèbre briotin était représenté en pied, en uniforme de médecin-inspecteur de santé des armées.

        Sur le granit est gravée l'inscription suivante: A. F. C. MAILLOT, PRESIDENT DU CONSEIL DE SANTE DES ARMEES, NE A BRIEY (1804 - 1894)

        "Le nom du Docteur Maillot, prononcé dans la foule, n'éveille ni souvenir, ni murmure flatteur, et, cependant, il n'existe peut-être pas en France une commune à laquelle ce vénérable vieillard n'ait épargné un deuil. Seuls, les hommes de science se redisent les titres du savant modeste et laborieux, bienfaiteur de son pays et de l'humanité". (3)

(2) Extrait d'une étude de M. Jules Launoy, (Octobre 1894).

(3) M. Félix Murtin.