Ephémérides de Juin

Pleine Lune le 01 à 01 h 05 (03 h 05 locale) et le 30 à 13 h 50 (15 h 50 locale) Nouvelle Lune le 15 à 03 h 14 TU (05 h 14 locale)

Le 1er juin à 12 h 00, nous serons le 2 454 253éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe des Gémeaux à celui du Cancer le 21 à 18 h 08 TU (20 h 08 locale)

31 mai/1er juin : II Simiuisoni 4380; 13/14 juin: Noxs Brictias (nuit de la magie). 29/30 jiun : I Equi : mois dédié à Nemetona (déesse du Nemeton, espace consacré au divin), et au genêt (Banatlos).

^ _ ` a b c d e f g h i

les états-uniens, si puritains, grands salvateurs et gendarmes de tous les pays (ou presque), toujours la main sur le cœur, ne sont que des " jésuites ", et ils ont de quoi tenir, l’exemple pourrait venir du Vatican.

ÉTATS-UNIS • Le premier marchand de canons de la planète

Courrier International - hebdo n° 865 - 31 mai 2007 - Amériques

Une universitaire s’indigne de voir la planète inondée d’armes américaines, dans l’indifférence générale. Et rappelle quelques chiffres qui résument bien l’ampleur du phénomène.

Les Etats-Unis n’ont pas été surnommés pour rien la "seule superpuissance". Paul Wolfowitz est peut-être aujourd’hui à la recherche d’un nouveau boulot, mais le terme d’"hyperpuissance" – qu’il utilisait, du temps où il n’était que secrétaire adjoint à la Défense, pour décrire l’omniprésence de la puissance américaine – reste tout à fait approprié. Prenons l’exemple de quelques secteurs où Washington occupe toujours le premier rang.

– Ventes d’armes : depuis 2001, le chiffre total des ventes d’équipements militaires américains atteint chaque année de 10 milliards à 13 milliards de dollars. Ce qui fait beaucoup d’armes, en réalité, et place le pays au premier rang mondial des fournisseurs. Mais, au cours de l’exercice 2006, le Pentagone a battu son propre record, pourtant récent, et signé des contrats de vente d’un montant de 21 milliards de dollars.

– Ventes de missiles sol-air : de 2001 à 2005, les Etats-Unis ont livré 2 099 systèmes d’armes sol-air, comme le Sparrow et l’AMRAAM, à des pays du monde en développement, soit 20 % de plus que la Russie, deuxième plus grand fournisseur mondial.

– Ventes de navires de combat : pendant la même période, Washington a envoyé dix grands bâtiments de combat, tels que porte-avions ou destroyers, à des pays en développement. Collectivement, les quatre principaux producteurs européens en ont livré treize.– Formation militaire : un empire prudent sait qu’il ne suffit pas de distribuer des armes. Il faut également apprendre aux gens à s’en servir. En 2008, le Pentagone prévoit de former les armées de 138 pays, à un coût de près de 90 millions de dollars. Aucun concurrent n’approche de ce chiffre.

Un moyen de participer au projet impérial américain

Soyez-en sûrs, dans le monde entier, les gouvernements, bien souvent occupés à s’entre-déchirer, continueront de vouloir des armes américaines longtemps après que leurs populations se seront dégoûtées d’une gamme de produits de consommation américains autrefois dominants. Defense News, une publication spécialisée, signale ainsi que la Turquie et les Etats-Unis ont signé un accord d’une valeur de 1,78 milliard de dollars pour la fourniture d’avions de combat Lockheed Martin F-16. Or ces avions sont déjà partout. Israël en déploie, tout comme les Emirats arabes unis, la Pologne, la Corée du Sud, le Venezuela, Oman et le Portugal, entre autres. Le fait d’acheter nos armes est l’un des rares moyens de participer effectivement au projet impérial américain !

L’aviation turque, qui aligne déjà 215 chasseurs F-16, compte acheter une centaine de nouveaux F-35 JSF (Joint Strike Fighter, chasseur polyvalent avancé) de Lockheed Martin, dans le cadre d’un contrat estimé à 10,7 milliards et étalé sur les quinze prochaines années. 10,7 milliards de dollars pour des avions, pour un pays situé à la 94e place de l’indice de développement humain des Nations unies, derrière le Liban, la Colombie et la Grenade, et très loin derrière toutes les nations européennes qu’Ankara courtise dans l’espoir de rejoindre l’Union européenne : voilà une sacrée belle vente à l’américaine !

Reste que ce secteur est ignoré dans les analyses. Pour sortir de cette paralysie, peut-être faudrait-il cesser de parler des ventes d’armes comme d’un commerce banal et de l’exportation de missiles guidés comme s’il s’agissait de gadgets inoffensifs. Peut-être devrions-nous commencer à les aborder dans un langage totalement différent, le langage des stupéfiants.

Après tout, que fait un trafiquant de drogues ? Il crée un besoin, puis le satisfait. Il encourage un appétit ou – ce qui est encore plus lucratif – une dépendance, puis l’alimente. Les marchands de canons font de même. Pourquoi les autorités turques, qui comptent déjà 215 avions de chasse, ont-elles besoin d’une centaine d’appareils supplémentaires, encore plus sophistiqués ? Elles n’en ont pas besoin, mais Lockheed Martin, travaillant avec le Pentagone, les a persuadées du contraire.

Ce ne sont pas de nouvelles lois sur le contrôle de l’armement qu’il nous faut, mais un programme de désintoxication pour tous les pays – y compris pour la nation qui fournit la came.

* Chercheuse au Centre de ressources sur le commerce des armes, à New York, qui dépend de l’Institut de politique mondiale.

Frida Berrigan* - Los Angeles Times

BENOÎT XVI AU BRÉSIL • Ferveur des fidèles, méfiance du gouvernement

COURRIER INTERNATIONAL N° 863 du 16 mai 2007

Le pape Benoît XVI a commencé sa première tournée latino-américaine à São Paulo. Accueilli avec ferveur par les fidèles catholiques, il ne pourra pas néanmoins signer un accord, négocié depuis plus d'un an avec le Vatican, scellant l'emprise de l'Eglise sur l'ensemble du territoire.

Le pape Benoît XVI et le président brésilien Lula da Silva, le 9 mai 2007 - AFP

Le Vatican ne parviendra pas à atteindre l'un des principaux objectifs qu'il s'était fixé à l'occasion du voyage du pape Benoît XVI au Brésil : la signature d'un accord avec le gouvernement concédant à l'Eglise davantage de privilèges sur l'ensemble du territoire national.

Le texte incluait notamment la consolidation de toutes les exemptions fiscales dont l'Eglise bénéficie, l'enseignement obligatoire de la religion et, même, l'autorisation donnée aux missionnaires d'œuvrer dans les réserves écologiques et indiennes. Le gouvernement a pris ses distances, redoutant surtout que cet accord complique le débat à venir sur la légalisation de l'avortement [prévu pour l'année prochaine] en laissant croire que l'Etat brésilien et le Vatican partageraient les mêmes valeurs.

L'ambassadrice du Brésil au Saint-Siège, Vera Machado, a nié [le 7 mai] que le gouvernement ait pris une décision officielle en la matière. Mais, dès 2006, le Brésil avait suggéré une version simplifiée du traité, faisant seulement état des bonnes relations entre le Vatican et l'Etat brésilien. Le ministre des Affaires étrangères, Celso Almorim, ne sera pas présent lors de la rencontre entre Lula et le pape. Il a invoqué pour cela des raisons protocolaires. De son côté, le Vatican n'enverra pas son "ministre" chargé des Affaires étrangères, Dominique Mamberti, de fait de la nature pastorale du voyage.

La proposition envoyée fin 2006 a totalement surpris Brasília. L'Itamaraty [le siège du ministère des Affaires étrangères] avait convoqué à l'époque le ministre des Finances pour débattre des conséquences sur les comptes nationaux, l'exemption étant concédée non seulement aux paroisses mais aussi aux séminaires et aux autres entités religieuses. Dans la pratique, l'accord ne signifierait pas une plus grande exemption concédée immédiatement à l'Eglise. Mais cela rendrait difficile un quelconque changement dans le futur. Par ailleurs, le gouvernement craint que les rangs évangélistes du Congrès (10 % des parlementaires) se mobilisent afin d'obtenir un accord similaire pour leurs paroisses.

Le Vatican rappelle que plusieurs gouvernements – dont celui d''Italie – ont accepté de signer des accords similaires. Le Portugal a, pour sa part, renouvelé en 2004 un accord passé avec le Saint-Siège qui reconnaît la personnalité juridique de l'Eglise, les jours de fêtes religieuses fériés et exempte le clergé de devoirs juridiques. Le texte aborde des thèmes plus délicats : par concordat, le mariage religieux équivaut au mariage civil, le divorce se complique et l'"éducation morale et religieuse" est officialisée.

Bien qu'il n'y ait aucune référence à l'avortement dans le traité, le gouvernement brésilien craint également que l'Eglise cherche à l'utiliser pour exercer des pressions contre des réformes législatives qui tenteraient de légaliser l'avortement.

Jamil Chade (au Vatican)