EPHEMERIDES DE JUIN 2001

Pleine Lune le 06 à 01 h 40 TU (03 h 40 local)

Nouvelle Lune le 21 à 11 h 59 TU (13 h 59 local)

Le premier juin à 12 h 00, nous serons le 2 452 062éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe des Gémeaux à celui du Cancer le 21 à 07 h 39 TU (09 h 39 local)

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" Syndrome du cerveau de l’hôtesse de l’air " : nouveau fléau de l’aviation?

Lors de vols transméridiens, l’horloge biologique est perturbée à cause de l’induction par le noyau supra-chiasmatique d’une libération accrue de cortisol, un glucocorticoïde associé au stress. Des expériences ont montré qu’une exposition chronique à des taux élevé de corticoïdes circulants a des répercussions négatives sur la fonction cognitive [1]. Mais le décalage horaire (DH) peut-il à lui seul entraîner de telles altérations ? Oui, selon une étude à paraître dans le numéro de juin de Nature Neuroscience, qui montre les dangers potentiels du décalage horaire chronique.

On savait déjà depuis plusieurs années que le DH influait sur les performances, la santé physique et psychologique des individus [2]. Un scientifique de l’université de Bristol (Royaume-Uni), Kwangwook Cho, avait déjà montré que le personnel naviguant régulièrement exposé au DH avaient des taux de cortisol circulant significativement plus élevé que le personnel au sol. De plus, un certain déficit cognitif avait été mis en évidence parmi ceux naviguant depuis plus de 3 ans [3].

Cette fois-ci, Cho a étudié 20 hôtesses de l’air travaillant pour des compagnies internationales depuis au moins 5 ans, en les séparant en deux groupes en fonction du temps qui leur était donné pour récupérer du DH [4]. D’un côté, celles qui avaient moins de 5 jours, de l’autre celles qui avaient deux semaines complètes de récupération après un vol couvrant plus de 7 fuseaux horaires. A temps de vol égal entre les deux groupes, les femmes les moins favorisées au niveau de la récupération présentaient à l’IRM une réduction significative du volume des lobes temporaux droits. De plus, lors de tests mettant en jeu leurs facultés mnésiques et d’apprentissage spatial, ce même groupe était moins bon, là encore de manière significative.

En conséquence, Cho s’empresse de recommander qu’on accorde au personnel naviguant des temps de récupération suffisants, afin d’éviter cette dégradation dont on ne sait pas encore si elle est réversible. Sans parler déjà d’un "syndrome du cerveau de l’hôtesse de l’air", on peut se demander si tous les risques médicaux, réels ou supposés, ne vont pas finir par dégoûter la jet-set des avions…

Sébastien Le Jeune (25 mai 2001)


[1] McEwen BS, Sapolsky RM. Stress and cognitive function. Curr Opin Neurobiol. 1995 Apr;5(2):205-16.

[2] Winget CM, DeRoshia CW, Markley CL, Holley DC. A review of human physiological and performance changes associated with desynchronosis of biological rhythms. Aviat Space Environ Med. 1984 Dec;55(12):1085-96.

[3] Cho K, Ennaceur A, Cole JC, Suh CK. Chronic jet lag produces cognitive deficits. J Neurosci. 2000 Mar 15;20(6):RC66.

[4] Cho K. Chronic ‘jet lag’ produces temporal lobe atrophy and spatial cognitive deficits. Nat Neurosci. 2001 Jun;4(6):567-8.

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