Ephémérides de Mai 2012

Pleine Lune le 06 à 03 h 36 (05 h 36 locale), Nouvelle Lune le 20 à 23 h 48 TU (le 21 à 01 h 48 locale), et une éclipse annulaire de soleil le 20 entre 20 h 55 TU, 11 N 131 E et 02 h 48 TU le 21, 11 S 49 W. 

Le 1er mai à 12 h 00, nous serons le 2 456 049éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Taureau à celui des Gémeaux le 21 à 09 h 22 TU (11 h 22 locale)

30 avril/1er mai : XIV Cuti 4384 ; 2/3 mai : I At Cuti, début des 14 jours delphiniens, qui s’achèvent par Beltaine ; 17/18 mai : I Giamoni : Beltaine (fête du feu de Belos) et mois dédié à Belos, Belenos et Belisama et au chêne (deruos) ; 31 mai / 1er juin : XV Giamoni : Elna Noxs, nuit des prodiges .

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LA MORT DE SOCRATE, LA PHILOSOPHIE FACE A LA POLITIQUE

    …. Sur le point de quitter la vie, c’est avec ses amis plus qu’avec les siens qu’il souhaitait passer ses dernières heures. On a vu que, selon Platon, ce fut en dissertant sur la mort et l’immortalité de l’âme. Le moment vint d’avaler le poison mortel. Socrate voulut d’abord prendre un bain, puis s’entretint quelques instants avec ses fils et ses parentes auxquelles il fit ses dernières recommandations.

    Il rejoignit enfin ses disciples, au moment même où se présentait l’esclave qui lui apportait l’ordre des Onze d’avoir à boire le poison. Criton voulut différer le moment fatal, sous prétexte que le soleil n’était pas encore couché. Mais Socrate ne voulut rien entendre ; " je n’ai, je crois, rien à gagner, répliqua-t-il à son ami, à boire un peu plus tard : je ne pourrais que me rendre ridicule à mes propres yeux en m’accrochant à le vie et en épargnant une chose que je n’ai déjà plus " (Phédon, 116e). quand se présenta l’esclave portant la coupe, Socrate lui demanda seulement ce qu’il fallait faire et comment le poison allait agir. Puis il but la coupe sans se départir de son calme.

    " Jusque là, nous avions presque tous assez de force pour retenir nos larmes ; mais en le voyant boire et quand il eut bu, nous n’en fûmes plus les maîtres. Moi-même, j’eus beau me contraindre, mes larmes s’échappèrent à flots ; alors je me voilai la tête et je pleurai sur moi-même, car ce n’était pas son malheur que je déplorais, mais le mien, en songeant de quel ami j’étais privé. Avant moi, déjà Criton n’avait pu contenir ses larmes et il s’était levé de sa place. Pour Apollodore, qui déjà auparavant n’avait cessé de pleurer un instant, il se mis à hurler et ses pleurs et ses plaintes fendirent le cœur de tous les assistants, excepté Socrate lui-même. " que faites-vous là, s’écria-t-il, étranges amis ? Si j’ai renvoyé les femmes, c’était surtout pour éviter ces lamentations déplacées ; car j’ai entendu dire qu’il fallait mourir sur des paroles de bonnes augure. Soyez donc calmes et fermes. " En entendant ces reproches, nous rougîmes et nous nous retînmes de pleurer.

    Quant à lui, après avoir marché, il dit que ses jambes s’alourdissaient et il se coucha sur le dos, comme l’homme le lui avait recommandé. Celui qui lui avait donné le poison, le tâtant de la main, examinait de temps à autre ses pieds et ses jambes ; ensuite, lui ayant fortement pincé le pied, il lui demanda s’il sentait quelque chose. Socrate répondit que non. Il lui pinça ensuite le bas des jambes et, portant les mains plus haut, il nous faisait voir ainsi que le corps se glaçait et se raidissait. Et, le touchant encore, il déclara que quand le froid aurait gagné le cœur, Socrate s’en irait. Déjà la région du bas ventre était à peu près refroidie, lorsque, levant son voile, Socrate dit, et ce fut sa dernière parole, " Criton, nous devons un coq à Asclépios, payez-le, ne l’oubliez pas " - " Oui, ce sera fait, dit Criton, mais vois si tu as quelque autre chose à nous dire. " A cette question, il ne répondit plus ; mais quelques instants après, il eut un sursaut. L’homme le découvrit : il avait les yeux fixes. En voyant cela, Criton lui ferma la bouche et les yeux " (Phédon, 117c-118).

    Telle fut la fin de Socrate, une fin qui allait, grâce à ses disciples, demeurer dans la mémoire des hommes comme un modèle de courage et de grandeur d’âme. l’historien cependant doit tenter de comprendre ce que cette mort signifia pour Athènes, mais aussi pourquoi elle a pris une telle importance dans l’histoire de la pensée humaine.

    Socrate a été condamné un mois auparavant pour corruption de la jeunesse et la croyance en des divinités qui n’étaient pas celles de la cité.

    Et Socrate convient lui-même de son influence : " les jeunes gens qui s’attachent à moi spontanément , ayant beaucoup de loisirs parce que ce sont les enfants des familles les plus riches, prennent plaisir à m’entendre examiner les gens, et souvent, ils m’imitent eux-mêmes et ils essayent d’en examiner d’autres, et il est certain qu’ils trouvent bon nombre de gens qui croient savoir quelque chose et qui ne savent rien ou peu de chose. Par suite, ceux qu’ils examinent s’en prennent à moi, au lieu de s’en prendre à eux mêmes, et disent qu’il y a un certain Socrate, un scélérat qui corrompt la jeunesse. Leur demande-t-on ce qu’il fait et enseigne pour la corrompre, ils sont incapables de le dire, ils l’ignorent. Mais pour ne pas laisser voir leur embarras, ils vous répondent par ces banalités qu’on ressasse contre tous ceux qui s’occupent de philosophie, à savoir que Socrate recherche ce qui se passe dans le ciel et sous la terre, qu’il ne croit pas aux dieux et qu’il fait une bonne cause d’une mauvaise. Quant à dire ce qui est la vérité, qu’on les convainc de faire semblant de savoir quand ils ne savent rien, c’est à quoi, je pense, ils ne sauraient se résoudre " (Apologie, 23cd)

    En fait Socrate n’aimait pas les choses imposées, que ce soit l’éducation, les lois ou les cultes aux dieux, il chercher à ce que ses interlocuteurs découvrent eux-mêmes ou que certains principes sont idiots ou révolus, ou ce qui a amené à les poser (et donc la possibilité ouverte de les modifier). Il demandait simplement aux gens de réfléchir, et c’est cela qui, dans une Athènes démocratique, mais fatiguée par de longues guerres et défaites, et par (déjà) un gros problème de ressources, à amener à se méfier des corrupteurs. Il fut condamné par le tribunal (populaire) par 280 voix contre 221. En 399 Avant JC

    Le procès de Socrate – un philosophe victime de la démocratie ? Claude Mossé ed. le grand livre du mois

    Socrate est né en 469, donc 70 ans plus tôt, et Périclès est décédé en 429, trente ans plus tôt, année de naissance de Platon.