Ephéméride de Mai 2003

Pleine Lune le 16 à 03 h 37 (05 h 37 local) Nouvelle Lune le 01à 12 h 16 TU (14 h 16 local)

Le 1er mai à 12 h 00, nous serons le 2 452 761éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Taureau à celui des Gémeaux le 21 à 11 h 13 TU (13 h 13 local)

30 avril/1er mai XV Ciallosbuis-Sonnocingos 4376  mois dédié à Taranis et à l'orme; 1/2 mai: I At Ciallosbuis-Sonnocingos: Uegilia Laueri (fête de l'abondance). 15/16 mai: I Giamoni: Beltaine (fête du feu de Belos / Belenos) et mois dédié à Belos / Belenos et Belisama et au chêne.

^ _ ` a b c d e f g h i

Une pneumonie atypique

Le monde est en proie à une épidémie de pneumonie atypique mortelle, le syndrome respiratoire aigu et sévère. La résistance s'organise afin d'identifier l'agent responsable et de bloquer l'épidémie.

Jean-Louis Vildé

Le 21 février 2003, un néphrologue du Sud de la Chine rend visite à son beau-frère, résidant à Hong Kong. Depuis cinq jours, ce médecin a un peu de fièvre et des difficultés à respirer, mais ces symptômes ne l'empêchent pas de visiter la ville. Le lendemain, il est admis en unité de soins intensifs, où il décède quelques jours plus tard. Il est le premier cas recensé dans le monde de ce que l'on nomme le Syndrome respiratoire aigu et sévère, SRAS. Le deuxième sera son beau-frère. Depuis, cette pneumonie atypique s'est répandue dans le monde, notamment au Vietnam: à l'Hôpital français de Hanoi, environ 30 soignants ont été contaminés (quatre sont morts) par un malade venant de Hong Kong. Cette épidémie rappelle celle de la grippe, en 1997, quand le virus H5Nl avait mis en émoi les autorités sanitaires de la planète. À la date du 10 avri12003, on comptait 2 782cas de SRAS avérés ou probables et 111 décès. Le taux de mortalité est d'environ quatre pour cent. En France, 216 personnes ont été suspectées d'être atteintes par le SRAS. Parmi elles, le 11 avril 2003, cinq cas sont déclarés probables ou avérés.

L'Organisation mondiale de la santé et, en France, l'Institut Pasteur et la Direction générale de la santé sont à pied d'œuvre pour comprendre la cause - l'étiologie - et le mode de transmission de cette maladie, ainsi que pour identifier l'agent pathogène qui en est responsable.

L'histoire commence en Chine du Sud, dans la région de Guangdong, en novembre 2002, quand plusieurs cas de pneumonies inexpliquées sont signalés. Dès lors, l'Organisation mondiale de la santé souhaite envoyer sur place ses enquêteurs pour en savoir plus, mais elle se heurte au refus de la Chine, arguant que l'épidémie est déjà maîtrisée. En février 2003, au moment des premiers cas signalés à Hong Kong, les autorités de Pékin affirment, d'une part, que l'agent pathogène en cause est une bactérie Chlamydia, qui entraîne des pneumonies, et que, d'autre part, l'antibiotique doxycycline la détruit efficacement. Cependant, le nombre de cas augmente et la maladie traverse les frontières pour atteindre en peu de temps la quasi-totalité des pays du Sud-Est asiatique et le Canada où le premier décès est bientôt enregistré.

Le 13 mars, l'Organisation mondiale de la santé lance une alerte de niveau mondial. Suivie par la Délégation générale de la santé, elle déconseille aux voyageurs de se rendre en Chine, à Hong Kong et à Singapour. Que risquent-ils?

Le SRAS se transmet par des postillons et des aérosols émis par des personnes contaminées. Par ailleurs, les études épidémiologiques ont montré que l'agent pathogène survivrait environ trois heures à l'air libre. Aussi, les personnes, qui risquent de contracter la maladie (l'entourage et le personnel soignant) sont celles qui ont des contacts répétés avec des personnes contaminées ou des objets souillés. L'agent infectieux serait aussi véhiculé par des cafards. La période d'incubation dure entre deux et dix jours pendant lesquels le porteur n'est pas contagieux. En revanche, il le devient dès les premiers symptômes: une fièvre supérieure a 38 degrés, des frissons, une fatigue généralisée, des douleurs musculaires, telles des courbatures. Ensuite apparaissent des râles et des crépitements à l'inspiration et à l'expiration. Des analyses supplémentaires mettent en évidence une diminution des quantités de globules blancs, de lymphocytes et de plaquettes dans le sang. De surcroît, certains patients ont des quantités sanguines anormalement élevées d'une enzyme, la phosphocréatine kinase, qui, uniquement dans les cellules musculaires, fabrique des molécules riches en énergie. La présence de l'enzyme dans le sang signifie que des cellules musculaires sont détruites et libèrent leur contenu dans le sang. On ignore encore comment l'agent pathogène du SRAS agit sur les muscles.

Un virus, mais lequel?

Enfin, des examens radiologiques montrent que les alvéoles pulmonaires et les petites bronchioles des malades sont emplies de liquide. Par ailleurs, l'autopsie de deux malades décédés de cette pneumonie atypique n'a révélé ni nécrose pulmonaire ni accumulation de virus dans les poumons. Aussi, la mort serait due plutôt à une réaction inflammatoire exacerbée qui entraîne un œdème et l'obstruction des poumons à l'origine d'une insuffisance respiratoire parfois mortelle. En conséquence, on administre aux malades des corticoïdes qui ont des propriétés anti-inflammatoires. A ces médicaments, les médecins ajoutent toujours l'antibiotique doxycycline et ont recours à l'assistance respiratoire. Ils prescrivent également un antiviral, la ribavirine, qui inhibe la réplication du virus. En effet, l'agent pathogène du SRAS serait un virus.

SvIvie van der Werf, de l'Institut Pasteur, a analysé des échantillons prélevés sur environ 30 malades par l'équipe de médecins dépêchée à Hanoi. Les virologues parisiens ont identifié un coronavirus inédit qui n'appartient à aucun groupe connu de cette famille. Les coronavirus doivent leur nom à l'enveloppe virale en forme de couronne. Ils entraînent chez l'être humain, d'une part, des rhumes et, plus rarement, des pneumonies et, d'autre part, des gastro-entérites et des diarrhées. Par ailleurs, ils infectent les mammifères et les volailles.

Toutefois, les premières études de l'agent du SRAS avaient identifié un autre candidat, un métapneurnovirus humain. Ce virus est proche des paramyxovirus, une famille qui compte notamment le virus respiratoire syncitial responsable des bronchiolites, chez les nouveau-nés. L'évolution du SRAS ressemble à celle de l'infection par le métapneumovirus, mais la gravité de la maladie et le mode de propagation du SRAS indiquent qu'il s'agirait d'un nouveau variant.

Au Canada, où la maladie a fait dix victimes (en date du 9 avril 2003) à Toronto, l'équipe de Susan Poutanen a étudié dix cas: chez cinq d'entre eux, elle a détecté le coronavirus inédit, chez les cinq autres, le métapneurnovirus. Chez quatre patients, les deux virus ont été identifiés: dans certains cas, l'infection serait due à l'association des deux virus, voire, selon d'autres observations, à l'association du coronavirus et de la bactérie Chlamydia. Aussi, l'incertitude sur le rôle respectif de chacun des virus identifiés et de la bactérie demeure.

La Chine, mise en accusation pour sa gestion de la crise, a autorisé une équipe de l'Organisation mondiale de la santé à se rendre dans la province de Guangdong, où a commencé l'épidémie, afin de recueillir des informations épidémiologiques. Dans cette région, ainsi qu'à Hong Kong où la population ne sort plus sans masque protecteur contre les postillons, le SRM continue de se propager rapidement. Enfin, on ignore s'il existe des cas de SRAS moins graves qui, non détectés, participeraient à la propagation de l'agent infectieux. La coopération mondiale qui vise à endiguer la maladie et à mettre au point un test de dépistage est sans précédent.

Jean-Louis Vildé dirige le service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Bichat-Claude Bernard, à Paris.

Et pour alimenter la psychose:

vendredi 11 avril 15h16 HNE

Le SRAS a peut-être été créé en laboratoire -expert russe

MOSCOU (Reuters) - Le Syndrôme respiratoire aigu sévère (SRAS), qui a tué plus d'une centaine de personnes dans le monde, est peut-être une création humaine, à l'instar d'une arme biologique, selon un expert en médecine russe cité vendredi par l'agence Ria Novosti.

Pour Sergueï Kolesnikov, de l'Académie des sciences médicales russe, la maladie semble combiner la rougeole et les oreillons, synthèse qui ne peut être réalisée qu'en laboratoire.

Le SRAS, apparu en novembre dernier dans le sud de la Chine, a fait plus de 110 morts et plus de 3.000 personnes en sont atteintes à travers le monde.

L'épidémie pourrait avoir été provoquée par une fuite dans un laboratoire d'armements biologiques, estime Kolesnikov, qui est également député à la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Les laboratoires de ce type fabriquent généralement des vaccins en même temps que des armes biologiques; un antidote devrait donc être trouvé prochainement, ajoute-t-il.

  • retour sommaire éphémérides mensuelles
  • retour sommaire thèmes des éphémérides
  • retour sommaire général