Ephémérides de mars 2015

Pleine Lune le 05 à 18 h 07 (19 h 07 locale), Nouvelle Lune le 20 à 09 h 37 TU (10 h 37 locale), Le 1er mars à 12 h 00, nous serons le 2 457 083éme jour du calendrier Julien, heure d’été le 29. une éclipse totale de soleil le 20 de 07 h 39 à 20 N 23 W, à 11 h 49 à 56 N 94 E

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Poisson à celui du Bélier le 20 à 22 h 46 TU (23 h 46 locale)

28 février/1er mars: ) : XII At Anaganti 4388 ; 3/4 : I Ogroni 4388: Uegilia Smertrii (fête de Smertrios), Ogronios : mois dédié à Smertios et à l’Aulne (Uermos). 19/20 ; I At Ogroni : Adaltiaxtonox Noxs (nuit du fostérage) et ALBAN EILER (équinoxe de printemps) (sommet de vitalité) ; 25/26 :


^ _ ` a b c d e f g h i


Grippe 2015: la létalité est-elle plus élevée ?

                Paris, le jeudi 26 février 2015 – Le diagnostic semble difficile et les spécialistes se contredisent. L’épidémie saisonnière de grippe qui touche actuellement la France et une grande partie de l’Europe est-elle ou non exceptionnelle ? D’une particulière gravité ? L’urgentiste Patrick Pelloux est monté au créneau pour affirmer que l’on pourrait compter jusqu’à 5 000 à 7 000 morts (contre 2 à 3 000 habituellement). Des chiffes qui semblent tout à fait réaliste à l’infectiologue François Bricaire (Pitié Salpêtrière à Paris). D’autres cependant, sans s’empoigner dans des batailles chiffrées, appellent à ne pas considérer trop rapidement l’épidémie comme « extraordinaire ». « Il est vrai que cette épidémie est plus importante que celle des cinq dernières années. Il faut remonter à l’année 2009 pour connaître un pic plus important. Mais si on prend du recul, on observe que les épidémies du début des années 2000, ou encore celles des années 1990, étaient bien plus virulentes (…).

                En clair, cela signifie que l’épidémie de cet hiver est forte, mais pas exceptionnelle ». Même analyse lisible dans le dernier communiqué de l’Institut de recherche sur la valorisation des données de santé (IRSAN) qui remarque que les complications sévères constatées chez les plus de 85 ans (telles que des pneumopathies aigües) représentent une « observation classique ». Elle poursuit en insistant sur le fait qu’à « ce jour, rien ne permet d’affirmer le caractère exceptionnel de cette épidémie. En effet, sa dynamique est analogue à de nombreuses autres épidémies qui n’ont pas spécialement posé de problèmes sanitaires ».

Un millier de cas graves

                Puisque le diagnostic des experts ne paraît pas parfaitement concordant, les données statistiques de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) nous éclaireront peut-être. Le nombre de personnes touchées par la grippe depuis le début de l’épidémie est estimé à 2,5 millions. Par ailleurs, 970 cas graves ayant nécessité une hospitalisation en réanimation ont été recensés (contre 1 305 au total lors de la pandémie de 2009-2010), ayant entraîné 98 décès ; des chiffres qui ne peuvent refléter la totalité du nombre de personnes dont on peut considérer que la grippe a favorisé la détérioration de leur état et entraîné leur mort.

                Il est donc difficile, faute de données suffisamment précises, de déterminer si la grippe qui touche plus de patients que l'an dernier s'accompagne également d'un taux de mortalité plus élevé. Concernant l’évolution de l’épidémie, il est désormais confirmé que le pic de l’épidémie a été atteint au début du mois de février (semaine 6). Il apparaît en effet que le nombre de consultations pour syndromes grippaux en médecine ambulatoire est en baisse depuis deux semaines. Par ailleurs, « les passages aux urgences et les hospitalisations toutes causes confondues sont globalement en baisse et particulièrement chez les enfants de moins de 15 ans ». Les plus de 65 ans font cependant figure d’exception avec une poursuite de la hausse des hospitalisations.

Parmi les épidémies les plus virulentes, sans être en haut du classement

                Sur l'importance particulière de l’épidémie, l’InVS livre également quelques éléments de réponse. Elle note que l’épidémie est au treizième rang des épidémies en terme de nombre de cas sur les trente dernières années. Elle souligne par ailleurs que l’on assiste depuis début janvier à une mortalité hivernale supérieure de 17 % à la mortalité attendue calculée à partir des huit années précédentes. Cette progression, qui s’observe également chez la plupart de nos voisins, concerne d’abord les plus de 65 ans. Cependant, l’InVS invite à la prudence dans l’interprétation de ces chiffres, remarquant que « l’épisode n’est pas terminé et [que] les données ne sont pas consolidées du fait des délais habituels de transmission ».

A(H3N2) : inconnu au bataillon

                Si, comme le suggèrent les premières données de l’InVS, on devait effectivement assister à une surmortalité cet hiver (sans pour autant que ces premiers mois de 2015 doivent être considérés comme comparable à la canicule de 2003 comme certains l’ont affirmé), certains s’attarderont peut-être, comme piste d’explication, sur la moindre efficacité du vaccin. On le sait en effet le vaccin ne couvre pas les deux souches de A(H3N2) qui se sont révélées les plus actives cet hiver. Or, l’InVS remarque qu’A(H3N2) a été retrouvé dans 63 % des cas en médecine ambulatoire.

                Par ailleurs, l’InVS relève que « les cas graves ont été très majoritairement infectés par un virus de type A (87 %). Parmi les virus A qui ont été sous-typés, les proportions des virus A(H1N1)pdm09 et A(H3N2) sont comparables mais l’absence de PCR pour la détection du virus A(H3N2) dans certains hôpitaux surestime la part du A(H1N1)pdm09 ». D’autres enfin veulent croire que la désorganisation des hôpitaux pourrait être à l’origine en partie de la hausse de la mortalité. Une dimension qui sera plus difficile encore à apprécier.

Aurélie Haroche - Publié le 26/02/2015 - Copyright © http://www.jim.fr