Ephémérides de Mars

Pleine Lune le 03 à 23 h 18 (00 h 18 le 04 locale)avec une éclipse totale de Lune Nouvelle Lune le 19 à 02 h 44 TU (03 h 44 locale) avec une éclipse partielle de Soleil

Le 1er mars à 12 h 00, nous serons le 2 454 161éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Poisson à celui du Bélier le 21 à 00 h 09 TU (01 h 09 locale)

28 février/1er mars XIII at Anaganti 4380 ; 2/3 mars: I Ogroni : mois dédié à Smertios et à l’Aulne (Uernos); 17/18 mars: Nox Talamonos (nuit de la Terre)

^ _ ` a b c d e f g h i

Un scorpion, quelques serpents et des millions de microbes prennent l’avion

 

Plus d’un milliard d’individus montent chaque année dans un avion. Un public gigantesque, évidemment, pour qui saurait capter son attention, ce qu’a certainement réussi à faire, au moins en partie et aux USA, DR Ellis grâce à son film "des serpents dans l’avion". Encore plus fort, car " véridique " : un avion d’American Airlines a été retardé à Toronto en janvier dernier après qu’un scorpion surgi d’un sac à dos s’en fut allé piquer un autre passager…Etonnant ? Certainement, mais pas vraiment fréquent. En revanche il existe un danger bien plus réel, celui des microbes qui pourraient profiter des avions pour se répandre partout.

Une étude publiée ce mois est particulièrement illustrative : celle de Luna et coll. qui, à l’aide de techniques conventionnelles et de biologie moléculaire, ont étudié 155 individus débarquant en Allemagne avec des symptômes d’infection respiratoire aiguë de type SRAS. Une vraie ménagerie a pu être mise en évidence : virus para influenzae et influenzae (15,5 et 14,2 %), adénovirus, metapneumovirus, rhinovirus et coronavirus (sauf celui du SRAS) entre 2,6 et 4,8 %, légionelles, RSVet mycoplasmes à 1%. Ne manquaient, selon l’auteur, que quelques chlamydiae et autres Bocavirus…

Que penser de tout cela, et qu’en craindre ? On constatera d’abord, une fois encore, qu’il est extrêmement difficile de proposer un diagnostic étiologique des infections respiratoires sur les seuls arguments cliniques et épidémiologiques (même en cas d’épidémie de grippe, la valeur prédictive positive resterait très faible) ; on ne pourrait donc instaurer de mesures quarantenaires utiles qu’en disposant de techniques de diagnostic rapides et sûres à l’arrivée. Force est de constater ensuite qu’on ne sait pas grand-chose des risques de contamination intra- aéronef. Les systèmes d’aspiration verticale modernes réduisent certains risques "directs", mais il reste à étudier la persistance de chaque micro-organisme sur les tablettes, sols, etc, et la possibilité de leur transmission. Lors de l’épidémie de SRAS, l’étude des passagers de 40 vols comprenant des infectés symptomatiques laissa penser qu’une transmission avait eu lieu dans cinq avions. Quatre fois, les microbes avaient franchi quelques rangées de sièges et, au cours d’un vol Hong-Kong- Pékin, 22 des 120 passagers ont été contaminés…ce qui montre que le coronavirus était bien capable de se répandre dans tout l’avion…

Les 155 voyageurs de L Luna étaient arrivés en Allemagne sur 146 vols répartis sur un peu plus de 2 mois. Ce qui donne un potentiel d’exposition de plus de 20 000 personnes. Difficile, en pratique, de suivre une telle file active. Il reste encore beaucoup de travail et de modélisations mathématiques à faire pour cerner les risques exacts, le rôle des aéronefs dans la propagation d’une épidémie (grippe en tête), et les mesures à prendre. En viendra-t-on un jour, pour éviter une épidémie potentiellement mortelle, à clouer des avions au sol sans être sûr de l’utilité de la mesure ?

Dr Jack Breuil – lettre quotidienne du JIM N° 823 – du 08 mars 2007

Luna L et coll. : "Spectrum of viruses and atypical bacteria in intercontinental air travelers with symptoms of acute respiratory infection." J Infect D 2007; 195 : 675-9;

Pavia : "Editorial commentary" J Infect D 2007 ; 195 : 621-2.