EPHEMERIDES DE MARS 2002

Pleine Lune le 28 à 18 h 26 (19 h 26 local)

Nouvelle Lune le 14 à 02 h 04 TU (03 h 04 local)

Le 1er mars à 12 h 00, nous serons le 2 452 335éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du signe du Poisson à celui du bélier le 20 à 19 h 17 TU (20 h 17 local)

28 février/1er mars : III Ogroni 4375  mois dédié à Smertrios et à l’aulne ; le 20/21 mars VIII Atenoux Ogroni : Alban Eiler ou Elaris Alba (équinoxe de printemps) ; le 28/29 mars I Cuti : Uegilia Esouos (fête d’Esus)

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Le développement comme colonialisme

Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais, a écarté vigoureusement l'idée selon laquelle la colonisation serait bénéfique pour les peuples dits " non civilisés ". Un rejet de la colonisation, aujourd'hui poursuivie sous le nom de développement.

 

Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.

Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote et l'homme indigène en instrument de production.

A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.

J'entends la tempête. On me parle de progrès, de " réalisations ", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.

Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.

Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés.

Moi, je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières.

On se targue d'abus supprimés.

Moi aussi, je parle d'abus, mais pour dire qu'aux anciens - très réels - on en a superposé d'autres - très détestables. On me parle de tyrans locaux mis à la raison ; mais je constate qu'en général ils font très bon ménage avec les nouveaux et que, de ceux-ci aux anciens et vice-versa, il s'est établi, au détriment des peuples, un circuit de bons services et de complicité.

extrait de "Discours sur le colonialisme" (1955), réédité chez Présence africaine, Paris, Dakar, 1995

Je parle des millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leur habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse

L'ÉCOLOGISTE - Vol. 2 – N°4 – Hiver 2001

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