Ephémérides de février 2016

Pleine Lune le 22 à 18 h 21 (19 h 21 locale), Nouvelle Lune le 08 à 14 h 40 (15 h 40 locale),

Le 1er février à 12 h 00, nous serons le 2 457 420éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du Verseau au Poisson le 19 à 05 h 35 TU (06 h 35 locale)

31 janvier/1er février ; IX Anaganti 4389 ; 06/07 : XV Anaganti : Noxs Marcacion (nuit des chevaliers). 07/08 : I At Anaganti 4389 : Nox Talamonos (nuit de la Terre-mère ; 22/23 : : I Ogroni 4389: Uegilia Smertrii (fête de Smertrios), Ogronios : mois dédié à Smertios et à l’Aulne (Uermos).

 

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DOLIPRANE PÉDIATRIQUE : LA PÉTITION QU’IL NE FAUT PAS SIGNER

 
http://www.66millionsdimpatients.org/doliprane-pediatrique-la-petition-quil-ne-faut-pas-signer/#562

 
Doliprane pour enfants et pétition

Une pétition en ligne appelle au retrait du marché de la formule enfant du Doliprane commercialisé par le laboratoire Sanofi. En cause, un colorant alimentaire contenu dans le médicament qui présenterait une forte nocivité. Décryptage…

40 000 signataires le 25 janvier, 97 500 le 28 janvier, 104 300 le 2 février, 105 700 trois jours plus tard… La pétition en ligne réclamant le retrait du marché des flacons de Doliprane pédiatrique qui contiendrait une substance cancérigène a le vent en poupe. De quoi s’agit-il ?

" L'azorubine est un colorant alimentaire rouge identifié sous le numéro E122, lit-on en préambule de cette pétition. Il est utilisé dans de nombreux produits tels que les biscuits et la pâtisserie, les desserts instantanés (…), en cosmétique (savons liquides, gels douches, rouges à lèvres et shampooings), et dans certains médicaments pour les enfants comme le Doliprane pédiatrique ".

Plébiscite sur la Toile
Selon l’auteure du texte de cette pétition, la substance est non seulement présumée cancérigène, mais elle est aussi susceptible d’induire ou d’amplifier l’hyperactivité. Diable… Plus particulièrement dans le viseur de la pétition, le Doliprane pédiatrique commercialisé par le laboratoire Sanofi. Comment imaginer qu’un industriel de ce calibre puisse proposer à nos chères têtes blondes un médicament d’une telle nocivité ?

On se calme. Comme l’indique l’auteure de la pétition, l’azorubine fait partie du groupe 3 du classement du Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Cela n’en fait toutefois pas un cancérigène présumé puisque les agents appartenant à ce groupe sont « inclassables quant à leur cancérogénicité pour l’homme », indique le Circ. Fait amusant, relevé par un pharmacien également blogueur de son état, le paracétamol, la substance active contenue dans le Doliprane, appartient aussi à cette catégorie.

Pourquoi, en ce cas, « nous dire que c’est l’azorubine le problème ? Interroge, facétieux, le pharmacien blagueur. Parce que si Sanofi retire l’azorubine du Doliprane, il restera quand même le paracétamol. Donc, si je suis la logique [de l’auteure] il faut aussi le retirer, non ? Et pas que dans le Doliprane pédiatrique mais dans les suppos, les sachets, les gélules, les comprimés effervescents, le Dafalgan, l’Efferalgan (…), le Di-antalvic (ah non, c’est déjà fait), le Prontalgine, toussa, toussa quoi ».

Une pétition à l’argumentaire bien approximatif
Voilà qui entache assez sérieusement le crédit qu’on peut accorder à cette pétition. Regardons quand même ce qu’il en est quant à l’implication de la substance dans l’induction ou l’aggravation de l’hyperactivité chez les enfants. Une étude publiée en 2007 montre en effet que l’azorubine associée à d’autres substances est susceptible d’avoir un tel impact.

L’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) a toutefois jugé « limitée » la portée de cette étude, pointant notamment que « dans la mesure où les résultats ont été obtenus sur un mélange de plusieurs colorants et non les colorants seuls, il est impossible d’attribuer à l’un ou à l’autre un effet dans le développement de la pathologie ». Pour l’Efsa, cette étude ne permet pas d’établir un lien entre la consommation de colorants et encore moins d’azorubine, et l’hyperactivité chez l’enfant.

L’agence considère que jusqu’à 4mg par kilo de masse corporelle et par jour (dose journalière admissible [DJA]), l’azorubine peut être consommée sans danger. Selon l’Efsa, la grande majorité des enfants de un à dix ans consomme moins d’azorubine que la DJA. Ses experts estiment que 5% de cette population pourrait, du fait de ses habitudes alimentaires, consommer une quantité supérieure. Le Doliprane de Sanofi n’a évidemment rien à voir dans l’affaire.

Le laboratoire forcé de réagir sur le Doliprane pédiatrique

Piqué au vif par le succès de la pétition, le laboratoire Sanofi a répondu dans un communiqué publié le 26 janvier, précisant notamment que son médicament contient une quantité infime d’azorubine, " soit environ 1/100ème de la dose journalière acceptable dans l’union européenne ". Comptez en effet pour une posologie maximale de 80 mg/kg/jour de paracétamol, 0,033 mg/kg/jour d’azorubine. On est loin des 4 mg/kg/jour…

Et le laboratoire de rajouter : " Suite aux dernières évaluations de l’EFSA (2009, 2015) prenant en compte l’ensemble des données disponibles de toxicité et de tolérance de l’azorubine, son utilisation ainsi que sa dose journalière acceptable n’ont pas été remises en cause ".

Circulez… A noter enfin que la revue Prescrire qui publie ce mois-ci l’actualisation de sa liste de médicaments à écarter ne pipe mot sur le médicament en question. Aurait-il échappé à la vigilance des experts de la revue indépendante ? Il est permis d’en douter. Si vous souhaitez vraiment réduire l’exposition au colorant incriminé dans cette pétition, évitez plutôt les sodas et les boissons sucrées.

Pour le reste, l’utilisation du Doliprane pédiatrique ne comporte pas plus de risques qu’un autre antidouleur de la même catégorie : à condition de respecter la posologie indiquée sur la notice, et c’est certainement ça le vrai conseil de vigilance à donner quant à la bonne utilisation d’un médicament !