Ephémérides de Février 2012

Pleine Lune le 07 à 21 h 55 (22 h 55 locale), Nouvelle Lune le 21 à 22 h 36 TU (23 h 36 locale)

Le 1er février à 12 h 00, nous serons le 2 455 959éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du Verseau au Poisson le 19 à 06 h 19 TU (07 h 19 locale)

31 janvier/1er février ; X At Riuri 4385. 06/07 ; I Anaganti : Imbolc (lustration), lactation des brebis, Anagantios : mois dédié à Brigantia et à l’Aubépine  (Spetes). 20/21 ; XV Anaganti : Noxs Marcacion (nuit des chevaliers). 22/23 ; I At Anaganti : Nox Talamonos (nuit de la Terre-mère)

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La technique antalgique du capitaine Haddock


" Tonnerre de Brest, Bachi-bouzouk, mille milliards de mille sabords " sont certainement les plus connus des jurons de notre célèbre capitaine Haddock. Mais, notre sympathique barbu connaissait- il la valeur thérapeutique de ces excès de langage ? Sait-il pour quelle raison, notre fabuleux cerveau nous conduit dans certaines conditions à laisser échapper de grossières interjections qui feraient rougir notre grand-mère ? Nous avons enfin la réponse à cette question grâce aux travaux d’un psychologue anglais Richard Stephens, travaux " auréolés " du redouté prix Ig Nobel.

En effet, ce chercheur a démontré que jurer à la suite d’un stimulus algique permet d’en diminuer la perception douloureuse. Dans son travail princeps, son équipe avait montré, au cours d’une élégante expérience ayant consisté à demander à des volontaires de plonger leurs mains dans l’eau glacée, que ceux qui proféraient des grossièretés à cette occasion, parvenaient à maintenir leurs mains dans l’eau en moyenne 40 s de plus que ceux qui restaient silencieux. Toutefois, ils avaient remarqué que ce bénéfice ne concernait que certains des sujets jureurs inclus (9 sur 67). Après une réflexion intense, ils ont décidé de reproduire l’expérience après avoir soumis les participants à un questionnaire s’enquérant de la fréquence quotidienne avec laquelle ils proféraient des jurons. L’influence du sexe a également été évaluée ce qui a fait apparaître la nette propension du genre masculin à proférer des jurons à thème sexuel.

Au total 72 étudiants âgés en moyenne de 22 ans ont été inclus dans cette nouvelle étude. Il leur a été demandé de maintenir leurs mains le plus longtemps possible dans une eau à 5 °C. La douleur a été évaluée avec le Pain Catastrophizing Questionnaire, le Fear of Pain Questionnaire Version 3 et la Perceived Pain Scale. Les résultats de la première étude ont été confirmés (à savoir un gain de temps dans l’eau en cas d’exclamations grossières) mais il a été montré que l’effet antalgique des jurons était moindre chez les sujets qui avaient pour habitude de se livrer quotidiennement à ce type d’écarts de langage !

Pour les auteurs, jurer provoquerait une réaction émotionnelle limitant la perception douloureuse. Chez les jureurs habituels, cette réaction émotionnelle serait de moindre amplitude en raison précisément d’un phénomène d’habituation. La discussion de cet article très sérieux nous apprend par ailleurs que le nombre moyen de jurons émis par jour est clairement sous estimé par les sujets eux-mêmes, et la conclusion suggère qu’il serait nécessaire, au cours de travaux ultérieurs, de préciser le rôle de la réaction émotionnelle dans l’effet antalgique du juron. Laissons au capitaine Haddock le soin de commenter ces travaux d’envergure : " Moi grossier, Que le grand cric me croque et me coupe la tête si j’émets un juron, espèce d’ectoplasme ! "

 

Dr Christian Geny

Stephens R, Atkins J et Kingston A : Swearing as a Response to Pain. Neuroreport, 2009 ; 20 : 1056-60.

Publié le 31/01/2012

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