Ephémérides de février 2009

 Pleine Lune le 09 à 14 h 50 (15 h 50 locale) et une éclipse lunaire de pénombre le 09 à 14 h 39, Nouvelle Lune le 25 à 01 h 36 TU (02 h 36 locale)

Le 1er février à 12 h 00, nous serons le 2 454 864éme jour du calendrier Julien

Pour les naissances, le soleil passera du Verseau au Poisson le 18 à 12 h 47 TU (13 h 47 locale)

31 janvier/1er février VII At Riuri 4382; 08/09 février: I Anaganti: lactation des brebis, mois dédié à Brigantia et à l’Aubépine ; 23/24 février : I At Anaganti : Noxs Marcacion (nuit des chevaliers) ;

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Qui ne se couche, se mouche ?

            Peut-être avez-vous lu, là ou ailleurs, un compte rendu de cette étude largement reprise par les media prouvant que plus on dort mal plus on fait de rhumes, et inversement. Pour leur démonstration, le Dr S Cohen et ses collaborateurs, de Pittsburgh, USA, avaient recruté 153 volontaires sains âgés de 21 à 55 ans et en avaient très consciencieusement étudié la durée et l’efficacité du sommeil avant de leur instiller quelques gouttes nasales chargées de rhinovirus humains pour voir lesquels, 5 jours plus tard, seraient malades. Belle démonstration, vraiment, à laquelle on aurait pu avoir quelques difficultés à adhérer si elle n’avait été publiée dans la revue la plus sérieuse qui soit : non seulement ceux qui dormaient moins de 7 heures avaient 2,94 fois plus de risques de développer une infection que ceux dormant 8 heures et plus (IC 95 % ; 1,18-7,30), mais ceux dont le sommeil était le plus efficace avaient aussi plus de 5 fois moins de risques de tomber malades…

            Le manque de sommeil, donc, pour expliquer tous ces nez qui coulent en hiver. Pourquoi pas, après tout? Remarquons tout de même que cette étude n’est pas la première du genre que nous propose S. Cohen. En septembre 2003, déjà, sous le titre éloquent de "Sociability and susceptibility to the common cold" il avait démontré, par l’étude de 334 volontaires interrogés sur leur sociabilité, leurs réseaux et leurs connections sociales, qu’existait une relation linéaire inverse entre qualité de l’insertion sociale et risque de développer un rhume (expérimental).

            En 2006, poussant le raisonnement encore plus loin, il avait établi une relation inverse entre les individus "émotionnellement positifs"-heureux, vifs et calmes- et directe pour les "négatifs" –anxieux, hostiles et déprimés- et le rendement de ses gouttes nasales chargées en rhinovirus et virus influenza. Et avait enfin, début 2008, démontré sur 193 volontaires qu’un statut socio-économique (vécu comme) favorable était également associé, comparativement à son contraire, à un bon niveau de protection contre les virus des rhumes…

            Pour le Dr Cohen, c’est clair, plus on est pauvre, mal dans sa peau et insomniaque plus on court le risque de se faire contaminer par le premier rhinovirus qui passe, quels que soient son sexe, son âge, son poids, son statut immunitaire, son éducation et/ou la couleur de sa peau. On en conclura, en l’absence d’un motif acceptable de douter de ces données, qu’il n’y a vraiment aucune justice en ce bas monde.


Dr Jack Breuil

Cohen S et coll. : Sleep habits and susceptibility to the common cold. Arch Intern Med., 2009; 1: 62-7
Cohen S et coll. : Objective and subjective socioeconomic status and susceptibility to the common cold. Health Psychol., 2008; 2: 268-74
Cohen S et coll. : Positive emotional style predicts resistance to illness after experimental exposure to rhinovirus or influenza a virus. Psychosom Med., 2006; 6: 809-15