Et les OGM ?

Aux dernières nouvelles, le bilan n’est pas très bon. Non seulement les réticences administratives françaises (6), et mondiales (3) se développent, mais les scientifiques commencent à s’exprimer en publiant leurs recherches malgré les pressions industrielles (1 – 2) : l’ADN modifié n’est pas dégradé instantanément dans la nature, il peut même y perdurer quelques années (2), il peut se retrouver dans l’intestin des consommateurs, passant la barrière gastrique, et se lier au matériel génétique de nos bactéries intestinales (5) et même provoquer des réactions allergiques chez des agriculteurs (7) où des anticorps dirigés contre ces ADN ont pu être identifiés. Ce qui signe une intrusion certaine de cet ADN dans l’organisme humain. Enfin les promesses économiques se sont toutes révélées fausses. (4 – 5)


1 - Les OGM décidément bien envahissants (la contamination irréversibles des cultures par les OGM risque de compromettre, la qualité des cultures non OGM et surtout leur valeur économique auprès des pays prudents.)

Un rapport de 70 pages de l'Union of Concerned Scientists, baptisé "Gone to Seed", montre que plus des deux tiers des 36 types de culture américaines présentent des semences contenant des traces d'ADN modifié génétiquement par l'homme. Et même si la proportion d'ADN étranger issu des OGM reste faible, les contaminations relevées illustrent la difficulté de mettre en place des barrières étanches entres cultures génétiquement modifiées et cultures "normales". L'étude rappelle que, si la législation fédérale et les pratiques agricoles ne sont pas plus restrictives, il ne sera plus possible à l'avenir de garantir l'absence totale de gènes modifiés dans les aliments. Ce qui risquerait de compromettre les exportations américaines de produits alimentaires, de graines et d'huiles vers l'Europe et le Japon où l'on reste méfiant vis-à-vis des OGM. Le document va jusqu'à recommander dès à présent la constitution de stocks des principales semences encore "pures", sorte de "police d'assurance" pour le futur. Les représentants de l'industrie agroalimentaire et des biotechnologies considèrent comme irréaliste l'objectif de séparer totalement les deux types de cultures. Ils préfèrent de leur côté convaincre les pays réticents de l'intérêt des aliments transgéniques et mettre en place des normes internationales de contamination par des OGM acceptables.

WP 24/02/04 (Engineered DNA found in crops seeds)

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A486-2004Feb23.html


2 - PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE POYETTON
Paru le Vendredi 27 Février 2004

. OGM - Les organismes génétiquement modifiés se propagent par l'eau. Deux chercheurs de l'Institut Forel mettent en garde contre les dangers d'une contamination massive.
Alors qu'il y a à peine une année la controverse sur la culture en plein champ du blé transgénique de l'Ecole polytechnique de Zurich faisait rage, deux chercheurs de l'Institut Forel[1] à Versoix viennent de découvrir que
l'ADN d'un organisme génétiquement modifié peut être disséminé par l'eau, par infiltration ou par écoulement. La preuve de la contamination d'autres plantes par cet ADN transgénique n'est pas établie. Mais si le principe de
précaution n'est pas respecté, les scientifiques prédisent le pire.

Rencontre.

Le Courrier: A travers votre recherche, vous démontrez que les OGM se propagent par l'eau.


- Walter Wildi: En effet, notre idée de départ était de rechercher les OGM, et plus particulièrement l'ADN des OGM, dans l'environnement. Jusqu'à présent, les scientifiques ont surtout parlé de la propagation par pollinisation. Or, ce n'est pas le seul chemin possible. Quand la plante transgénique est fauchée, des restes peuvent persister sur le sol. Quand ils se dégradent, avec l'arrivée de la première pluie, ils peuvent soit ruisseler à la surface de la terre, soit s'infiltrer. Dans ce cas-là, on ne s'intéresse plus aux débris de plantes entières mais à l'ADN, c'est-à-dire à la partie génétique de l'organisme.
- John Poté[2]: Quand il y a relâchement de l'ADN, le mécanisme de transport est similaire à d'autres substances. Si une séquence de gène modifiée rencontre une bactérie capable d'intégrer l'ADN - comme l'acinetobactérie -, cette bactérie sera naturellement transformée. La séquence d'ADN va alors s'exprimer en elle.
Quant au passage de l'ADN de la bactérie à celui de la plante, nous ne sommes pas encore sûrs que le gène modifié, inséré dans la bactérie, puisse s'intégrer dans la plante.
- Walter Wildi: Ce qui est sûr c'est que la bactérie intègre le cycle naturel. Et les autres organismes la consomment. Le gène - par exemple un gène de résistance à un antibiotique - sera alors repris par un autre organisme, tel que l'eau ou l'être humain. La modification introduite va ainsi se propager plus loin et concerner tout le cycle vital, voire
alimentaire.

Jusqu'à quelle distance les OGM peuvent-ils être transportés par l'eau?


- John Poté: Nos expériences en laboratoire ont montré qu'un gène biologiquement actif peut être transporté sur de longues distances en milieu saturé en eau.
- Walter Wildi: Nous avons fait des essais en laboratoire avec de l'ADN transgénique introduit dans une colonne de terre. Pour observer le passage de la matière génétique, nous avons considéré la colonne de sol comme milieu poreux saturé ou non saturé. Dans les deux cas, les gènes transformés ont pu être détectés à la sortie de la colonne.
Nous nous sommes ensuite demandé comment le processus pouvait être expérimenté dans la nature. Et nous avons mené une nouvelle expérience. Non pas en observant des plantes génétiquement modifiées en plein champ, mais
des plantes ordinaires dans des surfaces cultivées.
- John Poté: Nous avons mené cette expérience dans la région de la Champagne genevoise. En premier lieu, nous voulions comprendre ce qui pouvait se passer avec l'ADN des plantes non transgéniques qui s'infiltrait jusqu'à la
nappe phréatique. Pour ce faire, nous avons procédé à l'extraction de l'ADN à différentes profondeurs. Ainsi, nous avons trouvé que les plantes cultivées à la surface relâchaient leur ADN, et que ce dernier pouvait se retrouver jusque dans les nappes phréatiques et finir par couler dans les fontaines. Dans nos échantillons d'eau, nous avons détecté du blé, du colza, de la vigne et des mauvaises herbes.
- Walter Wildi: La décomposition de l'ADN est souvent moins rapide quand ce dernier est lié aux particules du sol qui le protège contre la dégradation microbienne. Il est donc normal que l'ADN ressorte dans l'eau.

Quelle durée de vie a le gène génétiquement modifié?

- John Poté: Nos expériences réalisées avec du tabac transgénique montrent que le gène de résistance aux antibiotiques (streptomycine et spectinomycine) est détectable quatre ans après l'enfouissement des fragments de feuilles dans le sol. Cet ADN demeure biologiquement actif après son absorption par des particules du sol qui le protègent.
- Walter Wildi: Selon le sol, l'ADN a une durée de vie plus ou moins longue. On ne peut pas généraliser pour tous les sols de la planète. Jusqu'à aujourd'hui, les scientifiques ont fait très peu de recherches dans ce sens.
Pour l'instant, nous devons considérer que si nous voulons connaître le processus de contamination des OGM, il faut des études approfondies. Notre idée de base était de faire des expériences avec des OGM exclusivement en laboratoire. Certains processus tels que le relâchement et le transport d'un OGM est à 99% semblable à celui d'une plante normale.

Votre découverte est révolutionnaire!

- Walter Wildi: Dans les faits, les résultats de la recherche sont banals. Tout environnementaliste vous le dira. Quand vous relâchez quelque chose dans la nature, cette substance va se propager dans l'environnement. La véritable question est: dans quelles conditions, à quelle vitesse et avec quel impact? Ce qui distingue un organisme génétiquement modifié d'un autre organisme, c'est que, par l'introduction d'un transgène, on arrive à mettre dans l'environnement une matière génétique issue d'un milieu complètement différent. Et que cette action serait impossible sans l'intervention de l'homme. Vous pouvez par exemple implanter une matière génétique marine sur
le continent. Il faut à ce moment-là considérer ces substances comme une contamination.

Les scientifiques ont de la peine à parler d'OGM. Comment rendre sa publicité au débat?

- Walter Wildi: Nous avons rendu publiques les conclusions de notre recherche dans deux revues. Beaucoup d'études commencent par ailleurs à être menées dans ce domaine à la suite de notre expérience.

Avez-vous été victimes de la censure du fait du sujet traité?


- Nous avons soumis un article à une revue spécialisée largement distribuée, dont les responsables nous ont dit qu'ils ne publiaient plus de recherche sur les OGM car ils subissaient de fortes pressions. De manière générale, les revues scientifiques subissent des pressions économiques énormes. Or, je tiens à souligner que notre recherche n'a pas été subventionnée par des fonds privés, mais par les réserves de l'institut.

Si on pousse plus loin le raisonnement, il est possible que dans quelques années nous découvrions que les OGM sont néfastes pour l'homme. Mais il sera trop tard.

- Walter Wildi: Ce que démontre notre recherche, c'est qu'il faut être extrêmement prudent et ne pas utiliser certains types d'OGM avant d'avoir la certitude qu'ils ne nuisent pas. Les OGM auront un développement dont on ne connaît pas les limites, bonnes ou mauvaises. La technique génétique peut servir autant au bioterrorisme qu'à changer la couleur des tulipes.
Diaboliser les OGM n'est pas la solution. De la vigilance, mais pas de panique.


[1]Internet: www. Unige.ch/forel/
[2]John Poté, originaire de la RD Congo, défendra sa thèse de doctorat ès sciences (interdisciplinaire) le 12 mars prochain à l'Université de Genève sur le thème: "Devenir de l'ADN d'origine végétale dans les comportements
environnementaux". La recherche a été réalisée en collaboration avec le Laboratoire de microbiologie de 'Université de Lyon (P. Simonet et T. Vogel) et avec l'Antenne romande du WSL (W. Rosselli).


Genève/article
HTTP://lecourrier.programmers.ch/modules.php?op=modload&name=NewsPaper&file=article&sid=3587

 


 
3 - Accord à l'ONU sur une réglementation des exportations d'OGM (opposition du Monde contre les Etats Unis pour la réglementation des exportations d’OGM : le lobbying des Etats Unis mis à mal.)
vendredi 27 février 2004

KUALA LUMPUR (AFP) - Plus d'une centaine de pays se sont mis d'accord vendredi sur une réglementation stricte des exportations d'organismes génétiquement modifiés (OGM) malgré l'opposition des Etats-Unis.

Les signataires d'un accord de l'ONU entré en vigueur l'an dernier ont conclu cinq jours de travaux à Kuala Lumpur par l'adoption d'un "système rigoureux" réglementant la manutention, le transport, l'empaquetage et l'identification des produits transgéniques, selon le Programme des Nations unis pour l'environnement (PNUE).

Le texte, salué comme une victoire par les écologistes, a été adopté malgré un lobbying des Etats-Unis, principaux producteurs d'OGM dans le monde, et d'autres pays exportateurs.

La rencontre faisait suite à l'adoption par 86 pays plus l'Union européenne du protocole de Carthagène de 2000 sur les mouvements transfrontaliers d'OGM. S'appliquant depuis septembre 2003, cet instrument de la Convention sur la biodiversité biologique de 1992 autorise un Etat à interdire l'importation d'OGM en vertu du principe de précaution.

Les Etats-Unis n'ont pas ratifié le protocole de Carthagène et font campagne pour l'acceptation des OGM dans le monde, affirmant qu'ils ne représentent de risque ni pour la santé ni pour l'environnement.

L'organisation écologiste des Amis de la Terre a estimé à la fin de la conférence que l'accord conclu dans la capitale malaisienne "avait fait échouer les tentatives des Etats-Unis et autres pays exportateurs d'OGM d'affaiblir" le protocole de Carthagène.

Les Etats-Unis ont réagi en disant comprendre les inquiétudes suscitées par les OGM dans certains pays mais douté du réalisme du nouvel accord.

"Nous ne croyons pas possible d'ériger des barrières et des procédures réglementaires qui ne sont pas fondées sur la science", a ainsi déclaré une porte-parole américaine, Deborah Malac.

"Notre plus grande déception est que nous avons le sentiment qu'ils (les signataires) s'engagent sur une voie nous éloignant de mesures pratiques. Ils avancent très rapidement dans une direction sans être certains que les parties puissent mettre en oeuvre leurs obligations", a-t-elle ajouté

Selon le nouveau système, les exportations d'OGM à introduire directement dans l'environnement, comme les poissons et les semences, doivent mentionner qu'ils sont destinés à un usage en zone délimitée, fournir un contact en cas d'urgence, identifier la nature de la catégorie de risque et comment l'OGM doit être utilisé, précise un communiqué du PNUE.

Les noms communs, scientifiques et dans le commerce de l'organisme, ainsi que son code de modification génétique doivent être précisés, de même que les coordonnées des intermédiaires. Les règles de manutention et stockage
doivent être également clairement indiquées.

Tous les transports en gros de récoltes d'OGM destinés à la consommation humaine et animale ou à être transformés, comme le soja et le maïs, doivent être étiquetés comme "pouvant contenir des organismes vivants modifiés", a précisé le PNUE.

"Maintenant qu'un système d'identification et étiquetage des OGM est devenu opérationnel, les pays peuvent profiter des avantages de la biotechnologie avec davantage de confiance tout en évitant des risques potentiels", a estimé le secrétaire exécutif du protocole de Carthagène, Hamdallah Zedan.

"Ce système rigoureux (...) est dans l'interêt de tous, pays développés et en développement, consommateurs et industrie, et tous ceux qui se préoccupent sérieusement de l'environnement naturel", a-t-il ajouté.

La conférence a également créé un groupe de travail pour mettre au point d'ici 2008 des règles sur les poursuites et dédommagements liés aux transports internationaux d'OGM.

HTTP://fr.news.yahoo.com/040227/202/3o094.html

 


 4 - OGM: "une décennie d'échecs", pour les Amis de la Terre (rapport consternant des dix dernières années, les OGM ne sont qu’un produit industriel de plus qui semble commencer à déborder la patience des étasuniens eux mêmes.)

[ 23/02/2004 8:39 ] Malgré dix ans d'efforts, les entreprises spécialisées dans les biotechnologies n'ont pas réussi à imposer semences et produits alimentaires transgéniques sauf aux Etats-Unis, estime le réseau écologiste des Amis de la Terre dans un rapport publié lundi.

Intitulé "cultures génétiquement modifiées, une décennie d'échecs", ce rapport de 51 pages est publié lundi à Kuala Lumpur, où se tient sous l'égide de l'ONU la Première réunion des Parties du Protocole Biosécurité, un accord international sur les mouvements transfrontaliers d'organismes génétiquement modifiés (OGM) entré en vigueur en septembre dernier.
"Les firmes biotech avaient promis que les cultures OGM seraient inoffensives et bonnes pour l'environnement, fourniraient une nourriture meilleure et moins chère, amélioreraient les rendements et nourriraient les pays en développement", lit-on dans le rapport.
"Dix ans après aucune de ces promesses n'a été tenue", affirme-t-il. Aucun des grands pays producteurs d'OGM "n'est en mesure de garantir l'innocuité des cultures et les accidents survenus montrent les risques d'introduction
dans la chaîne alimentaire de produits interdits à la consommation humaine".
"Il n'y a pas un seul aliment OGM commercialisé qui soit moins cher ou meilleur que son homologue naturel et les cultures OGM existantes nécessitent pour la plupart plus de pesticides que les variétés conventionelles", affirme le document.
"Le cas de l'Argentine, deuxième producteur mondial d'OGM, montre que les cultures transgéniques ne sont pas une solution valable pour nourrir le monde, des millions d'Argentins étant sous-alimentés".
Le rapport dénonce la réglementation jugée "laxiste" des OGM aux Etats-Unis, où "plus de 50% des aliments transformés contiennent un ingrédient OGM", "en raison principalement de l'énorme influence des industriels, et tout particulièrement de Monsanto, sur les pouvoirs publics".
"Partout les aliments transgéniques ont déchaîné les tempêtes, rencontré une large opposition et même un refus catégorique", déclare le document. Et même aux Etats-Unis, le débat "relativement calme", s'est "animé dans les
dernières années".

Le rapport est consultable en anglais
part 1 (612 Kb) ; part 2 (542 Kb) ; part 3 (387kb) ; part 4 (445 kb)

Alban Moyaux - Cyberagri
HTTP://www.agrisalon.com/06-actu/article-12256.php


5 - Gentech-news 89

a. Infos en provenance d’Australie, d’Angleterre et d’Allemagne sur le rejet des OGM
En Australie, des sondages montrent que la population est de plus en plus hostile à l’alimentation transgénique. En Angleterre, l’Ecosse et le Pays de Galle rejettent le maïs transgénique. En Allemagne, le nombre de producteurs alimentaires désirant éviter les produits transgéniques est en augmentation. (sources diverses)

b. Allemagne : pas de nouveaux produits transgéniques
La mise sur le marché de plantes transgéniques qui présentent un avantage pour les consommateurs que nous sommes, sera pratiquement stoppée au cours des 5 prochaines années. Tel est le résultat d’une étude récente. (Communiqué de presse WWF, 17.2.04)

c. Angleterre : gènes étrangers dans les bactéries intestinales
Les gènes contenus dans les produits alimentaires transgéniques s’éliminent au niveau de l’estomac et ne parviennent pas dans l’intestin: voilà pourquoi, selon leurs partisans, les aliments transgéniques ne sont pas dangereux. Or, des chercheurs ont décelé de tels gènes étrangers dans l’intestin d’individus qui avaient auparavant ingéré du soja transgénique. Une partie des gènes a même été assimilée par les bactéries intestinales. (Nature Biotechnology, février 04)

d. Afrique : un groupe d’experts recommande un moratoire sur les OGM
Les Etats membres devraient envisager un moratoire sur l’introduction des plantes transgéniques jusqu’à ce que les connaissances en la matière soient suffisantes. Telle est la recommandation d’un groupe d’experts de l’Union africaine. (African Centre for Biodiversity, SA, 29.1.04)

e. Les carottes bio présentent une organisation de cristaux particulière
Des chercheurs ont mis au point plusieurs méthodes pour distinguer les aliments conventionnels des aliments bio. La cristallisation au chlorure de cuivre notamment, a fait apparaître des cristaux de type très différents dans les carottes et dans le blé, suivant qu’il s’agissait de plantes cultivées selon des modes de production biologique ou conventionnel. (Communiqué de presse idw, 26.1.04)

Vous pouvez consulter les références et les articles de fond correspondants sur la rubrique "Gen-Lex-News français" de notre site HTTP://www.blauen-institut.ch.
Le bulletin est rédigé par Florianne Koechlin du Blauen Institut (en collaboration avec le Groupe suisse de travail sur le génie génétique GTG).


 

 6 - La cour d'appel confirme un arrêté municipal anti-OGM contre un préfet

[ 20/02/2004 19:17 ] La cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé la validité de l'arrêté municipal anti-OGM d'un maire du Gers contre l'avis du préfet du département qui en avait demandé la suspension.

"C'est une première victoire symbolique", a déclaré à l'AFP l'avocate de la municipalité de Mouchan (Gers) Me Corinne Lepage.
"C'est la première fois qu'un maire gagne et que l'on a en France une commune où l'on ne peut pas planter d'OGM", a-t-elle ajouté, précisant que la cour de Bordeaux ne s'était prononcée que sur la forme.
Ancienne ministre de l'Environnement, Corinne Lepage a par ailleurs affirmé qu'il est "honteux de transformer les agriculteurs biologiques en victimes payeurs de la pollution", faisant référence à des cas d'exploitations déclassées du fait de leur proximité avec des champs OGM.
D'après AFP

HTTP://www.agrisalon.com/06-actu/article-12248.php


 

7 - Traduction inédite pour Terre Sacrée Thibaud FAGUER-REDIG

RÉACTION IMMUNITAIRE CHEZ DES AGRICULTEURS ÉXPOSÉS AUX CULTURES
TRANSGÉNIQUES

"Business Day" - numéro du 24 février 2004 (Afrique du Sud).

KUALA LUMPUR, Malaisie (Reuters) - Le scientifique norvégien Terje TRAAVIK a révélé le 23 février dernier que des ouvriers agricoles philippins habitant près d'un champ de maïs transgénique montrent des signes d'exposition à la toxine utilisée pour lutter contre les pestes végétales, et ce jusqu'à trois mois après la fin de la saison du pollen.
Les prélèvements sanguins de 39 personnes appartenant à une communauté d'exploitants de l'île de Mindanao située au sud des Philippines) présentent des taux élevés concernant trois anticorps différents, signalant une réaction immunitaire aux toxines nouvellement introduites pour combattre ces maladies, précise-t-il.
" Nous sommes absolument certains que cette réaction découle de l'exposition au maïs transgénique " insiste M. TRAAVIK en marge du lancement des négociations internationales relatives au commerce des céréales génétiquement modifiées.
Le déclenchement de ce réflexe immunitaire, qui ne s'apparente pas à la forme habituelle du rhume des foins, coïncide avec la floraison du maïs qui survient en juin.
Si d'autres tests venaient à renforcer ces premières constatations, ils fourniraient des arguments supplémentaires à ceux qui soutiennent que des précautions supplémentaires sont indispensables avant que l'exploitation à grande échelle des cultures génétiquement modifiées (telles que le maïs et le coton) ne se généralise.

 

 

En dernière minute

Première aux Etats-Unis: un comté de Californie interdit les OGM

SAN FRANCISCO (AFP), le 05-03-2004


Pour la première fois aux Etats-Unis, un comté vinicole de Californie a pris la décision d'interdire les cultures d'organismes génétiquement modifiés (OGM), afin de protéger le gagne-pain de ses vignerons et des agriculteurs.
Cette décision a été prise lors d'un vote récent des électeurs du comté de Mendocino, au nord de San Francisco, où le mouvement en faveur des cultures biologiques gagne du terrain.
Les autorités locales ont indiqué jeudi que sur les quelque 47.000 électeurs du comté, 56% d'entre eux s'étaient prononcés pour l'interdiction des OGM.
La décision adoptée prévoit la destruction des cultures transgéniques et des amendes pour les agriculteurs utilisant des OGM.

Cette interdiction se veut surtout préventive: aucun des produits génétiquement modifiés actuellement sur le marché (colza, maïs, soja, pomme de terre) n'est en fait cultivé dans le comte de Mendocino, où sont installés quelques gros producteurs de vins californiens, comme Fetzer.
Mais vignerons et agriculteurs craignent les risques de pollinisation croisée, si des cultures aux OGM étaient introduites dans la région.
"Le vent et le pollen transporté par des insectes peuvent provoquer des pollinisations croisées dans les vignes, ce qui menacerait la viabilité économique des entreprises vinicoles biologiques ou traditionnelles", affirmaient les partisans de cette interdiction, avant son vote, en notant qu'ils pourraient alors avoir plus de mal à exporter leurs vins vers l'Europe et le Japon, où l'opposition aux OGM est très forte.
Des mesures semblables sont envisagées dans le Vermont (nord-est) et à Hawaï.


© AFP.

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